/news/currentevents

Un incendie qui ravive de douloureux souvenirs

Arnaud Koenig-Soutière | Le Journal de Québec

Une tragédie aurait bien pu se répéter dans le Bas-Saint-Laurent quand un incendie a forcé l’évacuation d’une résidence pour aînés de Trois-Pistoles, dans la nuit de samedi à dimanche, rappelant les douloureux souvenirs du drame de L’Isle-Verte.    

Les pompiers de Trois-Pistoles ont été appelés à intervenir à 2 h 07 quand une alarme automatique s’est déclenchée dans la Villa des Basques en raison d’un incendie.    

Une dizaine de minutes plus tard, les pompiers entamaient l’évacuation des quelque 71 résidents, dont plusieurs à mobilité réduite. Préposés, policiers et ambulanciers se sont mêlés à l’effort pour mettre en sécurité les aînés. Pendant ce temps, la fumée gagnait du terrain sur plusieurs étages.     

Évacuation    

« S’il y a de la fumée, c’est de faire l’évacuation le plus rapidement possible. Ça s’est fait dans les premières minutes. On ne pouvait pas faire mieux que ça », assure le directeur du Service des incendies et de la sécurité civile de Trois-Pistoles, Pascal Rousseau.    

L’entièreté des résidents s’en est tirée indemne. Ils ont été conduits dans un centre hospitalier pour être évalués. Tous se portaient à merveille et ont été relogés par le CISSS dans différents hébergements de la région.    

L’incendie a été déclaré sous contrôle vers 4 h 45, le fruit du travail concerté de 35 pompiers de Trois-Pistoles et de municipalités voisines, dont L’Isle-Verte.    

La Sûreté du Québec estime que l’incendie a causé des « dommages minimes » à la bâtisse. « L’important, c’est que tout le monde en soit sorti sain et sauf et que le bâtiment soit protégé. C’est une réussite de A à Z », clame le maire de Trois-Pistoles, Jean-Pierre Rioux, bien fier de ses troupes.    

Souvenirs    

Ce ne sont pas les similitudes qui manquent entre l’intervention réussie de Trois-Pistoles et la tragédie de L’Isle-Verte qui a coûté la vie à 32 aînés en janvier 2014. Aussi, seulement une vingtaine de kilomètres séparent les deux municipalités.     

« C’est ancré dans l’histoire et les souvenirs des citoyens. Mais on a un job à faire », ajoute le directeur du service incendie de Trois-Pistoles, relevant que l’intervention était cependant différente d’un point de vue technique en raison de la structure différente du bâtiment.    

Le rappel est particulièrement éprouvant pour un préposé aux bénéficiaires de la Villa des Basques qui occupait la même fonction à la résidence incendiée à L’Isle-Verte.     

« La nuit dernière, tous ces mauvais souvenirs sont remontés à la surface », a écrit Aubin Rioux sur Facebook. Il a tenu à saluer le travail de tous ceux qui ont permis d’éviter un autre drame. « C’est souvent dans ces moments-là qu’on voit la vraie nature des gens (...) Merci à tous pour votre travail remarquable, et bravo! », a-t-il aussi écrit.     

Gicleurs     

Si l’insuffisance de gicleurs avait joué un rôle névralgique dans la catastrophe de L’Isle-Verte il y a près de six ans, cette fois, les systèmes d’arrosage auront eu un important mot à dire dans l’intervention à la Villa des Basques.    

« Les gicleurs ont fait une partie du travail. Pour nous, c’est comme avoir un pompier sur place avant notre arrivée », relève le directeur du service incendie Pascal Rousseau. La nature du brasier reste à être éclaircie par des techniciens en incendie de la Sûreté du Québec.    

Retour sur un drame     

Les ruines de la résidence du Havre, à L’Isle-Verte, après l’incendie du 23 janvier 2014.

Photo Jean-François Desgagnés

Les ruines de la résidence du Havre, à L’Isle-Verte, après l’incendie du 23 janvier 2014.

  • Résidence du Havre à L’Isle-Verte    
  • 23 janvier 2014    
  • Incendie déclaré à 0 h 22    
  • 32 victimes âgées de 80 à 99 ans    
  • 20 survivants    
  • Le feu avait pris naissance dans une aile qui n’était pas équipée de gicleurs automatiques et qui abritait des personnes non autonomes.