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Fermeture «sauvage» d'une institution montréalaise

TVA Nouvelles

Une institution de la restauration et des 5 à 7 à Montréal, le Thursday's, a subitement fermé ses portes le 1er janvier, à la grande surprise de ses employés, qui ont appris la nouvelle sans préavis.

«C’est encore dur à croire quand ça fait 5 ans, et d’autres employés 30 ans, qu’on travaille là. C’est comme une deuxième maison. L’ensemble des employés se sent trahi», a confié Chloé Ratté, serveuse au Thursday's depuis cinq ans. 

Ce sont une centaine d’employés qui ont reçu un courriel laconique, mercredi à 11 h, les avisant que leurs services n’étaient plus requis et que l’établissement de la rue Crescent fermait ses portes.

Ces employés se sentent aujourd’hui trahis par cette fermeture que plusieurs qualifient de «sauvage», d’autant plus que la veille, plusieurs ont servi des centaines de clients jusqu’aux petites heures de la nuit dans le cadre de la soirée du Nouvel An.

«La pilule est vraiment dure à avaler. On a tous un peu la même réaction, on est sous le choc. [...] Personne ne s’y attendait, ça fait mal», a exprimé Émilie Pomerleau, l’une des employées remerciées du Thursday’s.

«Ce n’est pas une bonne façon de commencer l’année», a ajouté un autre employé, Carlos Chuc, avec émotions.

  

JOEL LEMAY/AGENCE QMI

  

Le Thursday’s a ouvert ses portes le 23 mai 1973 avant de fermer une première fois en septembre 2012. Le fils du premier propriétaire de l’établissement avait alors repris les rênes du resto-bar pour le rénover et lui donner sa forme actuelle.

Contacté par TVA Nouvelles, le fondateur du Thursday’s, mais également le propriétaire du bâtiment, s’est dit scandalisé par la manière dont l’administration actuelle a traité les employés. Certains y gagnaient leur vie depuis 30 ans. Bernard Ragueneau a qualifié cette fermeture de «cavalière».

«J’ai reçu un téléphone hier comme quoi c’était fermé. C’est très cavalier. C’est des choses qui ne se font pas», a soutenu M. Ragueneau.

«C’est très malheureux et dommageable. Pour Montréal, c’est terrible», a ajouté l’homme d’affaires. 

L’une des copropriétaires de l’établissement, Chris-Ann Nakis, estime pourtant n’avoir rien à se reprocher.

«J’ai assez d’employés partout à Montréal. J’ai beaucoup de sympathie et d’empathie pour mes employés», a-t-elle brièvement déclaré à TVA Nouvelles après de multiples demandes d’entrevue.

La femme d’affaires invite les employés remerciés à la contacter afin qu’elle puisse les aider à se trouver un nouvel emploi. Une offre qu’a aussi faite le gérant du Deville Dinerbar aux ex-employés du Thursday’s. 

«Je suis déjà passé par là quand je travaillais dans une place qui a fermé sans avertir. Je vous invite à venir porter vos c.v. au Deville Dinerbar et demandez à me voir», a ajouté David Santostefano en entrevue avec TVA Nouvelles. 

Le bâtiment de la rue Crescent sera par ailleurs mis en vente au cours des prochaines semaines et pourrait changer de vocation.