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«Un bâton de dynamite dans une poudrière» - Joe Biden

Agence France-Presse

Des ténors républicains se félicitent du raid américain contre le général iranien Soleimani, ordonné par Donald Trump, et aussitôt dénoncé par ses adversaires démocrates, dont son potentiel rival à la présidentielle, Joe Biden.       

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«J'apprécie l'action courageuse du président Donald Trump contre l'agression iranienne», a salué sur Twitter l'influent sénateur républicain Lindsey Graham, proche allié du président peu après la confirmation par le Pentagone que le locataire de la Maison-Blanche avait donné l'ordre de tuer le général iranien Qassem Soleimani, dans un raid à Bagdad.       

«Au gouvernement iranien: si vous en voulez plus, vous en aurez plus», a-t-il menacé, avant d'ajouter: «Si l'agression iranienne se poursuit et que je travaillais dans une raffinerie iranienne de pétrole, je songerais à une reconversion.»       

Comme cet élu de Caroline du Sud, les républicains serraient les rangs jeudi soir derrière la stratégie du président américain.       

Le puissant général Qassem Soleimani, émissaire de Téhéran pour les affaires irakiennes, et un autre leader pro-iranien en Irak ont été tués dans un raid américain à Bagdad, trois jours après une attaque inédite contre l'ambassade américaine.       

«Les actions défensives que les États-Unis ont prises contre l'Iran et ses mandataires sont conformes aux avertissements clairs qu'ils ont reçus. Ils ont choisi d'ignorer ces avertissements parce qu'ils croyaient que le président des États-Unis était empêché d'agir en raison de nos divisions politiques internes. Ils ont extrêmement mal évalué», a également salué le sénateur républicain Marco Rubio.       

Le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo a affirmé que les États-Unis souhaitaient la «désescalade» après la mort du général Qassem Soleimani, ordonnée par le président Donald Trump «en réponse à des menaces imminentes pour des vies américaines». Selon lui le militaire iranien préparait une «action d'envergure» menaçant des «centaines de vies américaines».      

Le général Soleimani « n'a eu que ce qu'il méritait », a commenté le sénateur républicain Tom Cotton, tandis que le conseiller déchu de Donald Trump à la sécurité nationale, John Bolton, a salué «un coup décisif contre les activités malveillantes de la Force Al-Qods de l'Iran dans le monde entier».      

Mais pour la présidente de la Chambre des représentants, la démocrate Nancy Pelosi, l'attaque contre Soleimani représente «une escalade dangereuse dans la violence».      

«Le président Trump vient de jeter un bâton de dynamite dans une poudrière, et il doit au peuple américain une explication», a aussi dénoncé l'ancien vice-président Joe Biden, en lice pour la primaire démocrate en vue de l'élection présidentielle de novembre.      

Condamnations et menaces de représailles      

Iran      

La mort du général iranien Qassem Soleimani a suscité l'inquiétude à travers le monde, les principales chancelleries appelant au calme pour éviter une «escalade», alors que Téhéran promet des représailles.      

Le guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei, a promis de «venger» la mort de Qassem Soleimani, responsable de la force Al-Qods, en charge des opérations extérieures de l'Iran, et décrété un deuil national de trois jours.      

«Il n'y a aucun doute sur le fait que la grande nation d'Iran et les autres nations libres de la région prendront leur revanche sur l'Amérique criminelle pour cet horrible meurtre», a promis le président Hassan Rohani.      

Le ministre des Affaires étrangères Mohammad Javad Zarif a évoqué un «acte de terrorisme international des États-Unis».      

Irak      

Le président Barham Saleh a appelé «tout le monde à la retenue», tandis que le premier ministre démissionnaire Adel Abdel Mahdi a estimé que le raid américain allait «déclencher une guerre dévastatrice en Irak».      

«L'assassinat d'un commandant militaire irakien occupant un poste officiel est une agression contre l'Irak, son État, son gouvernement et son peuple», a souligné M. Abdel Mahdi. Un responsable irakien, Abou Mehdi al-Mouhandis, numéro deux du Hachd al-Chaabi, une coalition de paramilitaires pro-Iran intégrée à l'État irakien, a été tué dans l'attaque qui a coûté la vie au général Soleimani.      

Le grand ayatollah Ali Sistani, figure tutélaire de la politique irakienne, a qualifié dans son sermon du vendredi d'«attaque injustifiée» l'assassinat de Qassem Soleimani et d'Abou Mehdi al-Mouhandis.      

Liban      

Le chef du mouvement chiite libanais Hezbollah, grand allié de l'Iran, a promis vendredi «le juste châtiment» aux «assassins criminels» responsables de la mort du général iranien.      

Palestiniens      

Le mouvement islamiste Hamas, au pouvoir dans la bande de Gaza, enclave palestinienne de deux millions d'habitants, a condamné la frappe américaine contre Qassem Soleimani, «l'un des plus éminents chefs de guerre iraniens», la qualifiant de «crime américain qui accroît les tensions dans la région».      

Syrie      

Le pouvoir syrien a dénoncé une «lâche agression américaine», y voyant une «grave escalade» pour le Moyen-Orient, selon l'agence officielle Sana.      

Yémen      

Les rebelles yéménites Houthis, soutenus par Téhéran, ont appelé à des «représailles rapides et directes».      

Soutien israélien      

Le premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a estimé que les États-Unis avaient le «droit» de «se défendre».      

«Qassem Soleimani est responsable de la mort de citoyens américains et d'autres innocents et planifiait de nouvelles attaques», a-t-il assuré.      

Appels au calme      

Russie      

La Russie a mis en garde vendredi contre les conséquences de cette opération américaine «hasardeuse» qui va se traduire par un «accroissement des tensions dans la région», selon le ministère russe des Affaires étrangères.      

Pour le président de la Commission des Affaires internationales de la Douma, Konstantin Kosachev, «des représailles vont certainement suivre».      

Union européenne      

«Le cycle de violence, de provocations et de représailles doit cesser» en Irak, a déclaré le président du Conseil européen, Charles Michel, pour qui «trop d'armes et trop de milices ralentissent le processus vers un retour à une vie normale pour les citoyens irakiens»      

Le ministre britannique des Affaires étrangères, Dominic Raab, a appelé «toutes les parties à la désescalade».      

Paris a réagi dans ce sens, la secrétaire d'État aux Affaires européennes Amélie de Montchalin soulignant que la France cherchait à créer «les conditions d'une paix en tout cas d'une stabilité».      

L'Allemagne a aussi exprimé sa «grande inquiétude», la porte-parole de la chancellerie Ulrike Demmer appelant à la recherche de solutions «par la voie diplomatique».      

Chine      

Un porte-parole de la diplomatie chinoise, Geng Shuang, a affirmé que Pékin demandait «à toutes les parties concernées, en particulier aux États-Unis, de garder leur calme et de faire preuve de retenue afin d'éviter une nouvelle escalade des tensions».

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