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Des bourses pour les employés aux études

Simon Dessureault | Journal de Québec

Des épiceries de Lanaudière usent d’alléchants incitatifs financiers pour retenir leur jeune main-d’œuvre sans laquelle elles devraient vraisemblablement fermer leurs portes.  

Neuf épiceries IGA font tirer plusieurs bourses totalisant 25 000 $ annuellement à leurs 392 employés étudiants.   

« On a besoin des jeunes sinon nos épiceries ne pourraient pas fonctionner », lance sans hésiter Stéphanie Pilon, une des propriétaires des neuf IGA Crevier dans la région de Lanaudière. Elle souligne que 43 % de sa main-d’œuvre est composée d’étudiants de 16 à 22 ans.   

« Si on enlève 43 % des employés, on ferme les magasins », affirme pour sa part son père, Georges Pilon, toujours actif comme propriétaire à l’âge de 75 ans.   

Depuis huit ans, des bourses sont tirées au hasard au début de l’année pour les étudiants. Il y avait 75 bourses cette année, dont 16 de 500 $ et deux de 1000 $.   

« Les bourses sont un incitatif pour garder nos employés, c’est d’ailleurs souvent les mêmes noms qui sont tirés lors de la distribution des bourses », indique Josée Voyer, adjointe administrative pour l’ensemble des épiceries. « La rétention du personnel est super importante, mais elle l’est encore plus avec les jeunes parce qu’ils comblent les heures de soir et de fins de semaine », ajoute M. Pilon.   

Lutter contre le décrochage  

Les employés étudiants signent également la politique « Oser-Jeunes », lors de leur embauche. Certifiée par un organisme qui lutte contre le décrochage scolaire, elle stipule que les étudiants doivent travailler 20 heures et moins par semaine, en période scolaire.   

Elle oblige aussi les épiceries à respecter la loi sur l’instruction publique qui mentionne que le jeune ne doit pas travailler entre 23 h et 6 h du matin. L’employeur s’engage également à une certaine souplesse pour les horaires en périodes d’examens.   

Une étudiante heureuse  

Naomie Thériault, 17 ans, travaille au département du prêt-à-manger d’une épicerie de L’Assomption comptant 58 employés étudiants.   

« C’est super d’avoir un employeur flexible avec mes horaires de travail, raconte l’étudiante de première année en sciences de la nature au Cégep régional de Lanaudière. Ils sont super compréhensifs du fait que l’école est ma priorité. »   

Embauchée par cette épicerie depuis le 1er juin, Naomie prépare les sandwichs, les pizzas et d’autres mets cuisinés.    

« Il y a quand même une grosse charge de travail, mais je fais mes devoirs durant la semaine, je suis donc disponible la fin de semaine », explique-t-elle.    

Les employés débutent au salaire minimum et bénéficient d’augmentations tous les six mois.