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Ils ont déjà barricadé leur maison pour les prochaines inondations

Simon Dessureault | Journal de Montréal

SIMON DESSUREAULT/JOURNAL DE MONTRÉAL

Des sinistrés des inondations du printemps dernier craignent tellement d’être à nouveau inondés qu’ils sont déjà en train de barricader leurs maisons pour le printemps prochain.  

Placardage de contre-plaqué, sortir les quais de l’eau pour pouvoir utiliser leur chaloupe dans la rue, réserver un endroit où aller vivre en cas de sinistre. Voilà quelques initiatives que des citoyens de Maskinongé en Mauricie ont prises beaucoup plus tôt cette année pour ne pas revivre l’enfer de la crue des eaux du printemps dernier alors que leurs demeures ont été grandement endommagées.  

«Il fallait se barricader avant que l’hiver commence parce qu’aussitôt que l’eau monte, met tes culottes pis ça presse. Ceux qui attendent à la dernière minute se font prendre avec plein d’eau dans leur sous-sol», lance Réjean Lemyre. Le résident de la route de la Langue-de-Terre à Maskinongé a barricadé l’entrée de son sous-sol au mois d’octobre.  

Inondations

Simon Dessureault

L’homme de 80 ans remplissait d’ailleurs des papiers de réclamations de sinistre avec sa femme lorsque Le Journal l’a rencontré chez lui.  

«Notre voisin a barricadé son garage parce qu’il est en Floride et qu’il n’est pas sûr d’arriver avant les inondations, a ajouté M. Lemyre. Les inondations du printemps dernier ont beaucoup affecté notre santé parce qu’on ne peut plus forcer comme avant à notre âge.»  

Des planches et panneaux ne sont pas encore placardées et des sacs de sable sont également visibles sur d’autres terrains de cette rue où l’eau avait monté de plusieurs pieds en avril.  

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Sûrs d’être inondés  

René Lemire, un autre résident de cette route d’une soixantaine de résidences, a vécu dans un motorisé avec sa conjointe, d’avril à juin, chez des amis de Louiseville.  

«On sait déjà qu’on va être inondé, c’est la hauteur de l’inondation et la durée qu’on ne connait pas encore, a affirmé l’homme de 75 ans. On va retourner-là dans notre motorisé au printemps parce que l’eau du fleuve monte vite» soutient-il.  

Ce dernier prenait cependant le temps d’aller à sa résidence en chaloupe chaque jour à partir de l’autoroute 40 au printemps, alors qu’il stationnait son véhicule aux abords de l’autoroute.  

Vivre dans le fleuve  

De nombreux résidents de ce secteur ont aussi déjà rapproché leurs quais près de leur maison, car les habitations étaient littéralement dans le fleuve au printemps.  

«J’ai sorti mes quatre quais (pour 90 pieds) de l’eau avec l’aide de voisins et je vais pouvoir connecter le tout à ma galerie», a expliqué Réjean Lemire, qui achètera également une remorque pour protéger ses outils d’ébénisterie.  

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Ce dernier avait dû pendre son tracteur dans les aires pour le protéger des eaux.  

«J’ai passé l’été à réparer les dommages, j’ai pas encore fini, a ajouté celui qui a dépensé des milliers de dollars pour réparer les dommages et le nettoyage de son terrain. Des fois, on est émotif, on pleure, mais on est courageux.»  

La Ville est prête  

C’est 130 résidences qui ont été inondées au printemps dernier dans la municipalité d’environ 2000 habitants, selon le maire de Maskinongé, Roger Michaud.  

«Les inondations duraient deux semaines ici quand j’étais jeune, maintenant c’est deux mois et demi, s’est rappelé le maire âgé de 63 ans. Il n’y avait pratiquement pas d’eau il y a 10-15 ans.»  

Le plan d’action en cas de sinistre de la sécurité civile de la Municipalité a de son côté été mis à jour depuis qu’un règlement de Québec l’oblige.  

Le centre communautaire serait alors réquisitionné pour accueillir les sinistrés. Ces derniers pourraient également allés se laver dans un motel à proximité ou à l’aréna de Louiseville.