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Le procès d'un massothérapeute se poursuit à Rimouski

Katia Laflamme | TVA Nouvelles

Le procès de Patrick Chénard, un massothérapeute et kinésiologue de Rimouski de 28 ans faisant face à 12 accusations pour agression sexuelle, a repris mardi avec la suite de l'écoute de son interrogatoire. 

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Cet interrogatoire, réalisé immédiatement après l'arrestation de Chénard, a été réalisé le 1er juin 2018. À l’époque, l'homme faisait face à trois chefs d’accusation d’agression sexuelle sur trois personnes, incluant une mineure. 

Depuis, huit autres victimes se sont manifestées aux policiers. 

Durant l’interrogatoire, l’enquêteur questionne l'accusé sur son travail, ses études pour obtenir son baccalauréat en kinésiologie et ses méthodes de travail. Il lui demande s'il lui est déjà arrivé d’avoir des pulsions sexuelles envers des clientes. Une allégation que l’accusé réfute en insistant sur le fait qu’il est formé pour ce travail. 

Ensuite, l’enquêteur pose des questions plus précises sur les trois plaignantes, qui étaient toutes des clientes en massothérapie de Chénard. 

Ce dernier a affirmé qu'il savait qu’une de ses patientes avait fait une plainte sur ses services au propriétaire de la salle d’entraînement ou pratiquait Chénard et que celui-ci avait été rencontré par les policiers. Il s’attendait à être questionné sur cet événement. 

L’accusé prétend que la première cliente, qui a porté plainte, n’a jamais démontré de malaise pendant le massage, qu’elle n’a rien dit non plus. Chénard a expliqué en détail le traitement et les gestes qu’il a posés pendant ce massage. 

La seconde cliente, pour sa part, faisait partie du cercle d’amis élargi de Chénard. L’accusé a soutenu durant l'interrogatoire qu'«elle cherche l’attention» et qu’elle cherche souvent à plaire. 

L’enregistrement se poursuit avec de longues minutes où l’accusé a été laissé à lui-même dans la salle d’interrogation. L’enquêteur lui a apporté à manger et à boire. Patrick Chénard a profité de cette période d’attente d'environ 45 minutes pour effectuer une série d’exercices de musculation dans la petite salle. 

Un suspect abasourdi 

Après la pause, l'enquêteur a interrogé le suspect sur la troisième plaignante, une mineure. Chénard a expliqué qu'il l’avait invitée à participer à une étude qu’il réalisait sur l’impact de la musique sur la relaxation dans le cadre d’un massage. Les clientes profitaient d’un tarif réduit en participant à cette étude, à laquelle a pris part environ 20 personnes. 

L’accusé a avoué au policier qu’il «est surpris» que trois filles aient porté plainte. «Je me demande qu’est-ce qui se passe», a-t-il ajouté. 

Le massothérapeute a ensuite entrepris de détailler le massage qu'il a donné à sa jeune cliente, précisant ne lui avoir jamais touché les parties génitales. 

Celle-ci semblait bien aller après le massage, a raconté Chénard. Par contre, il soutient qu’elle n’a pas fait le paiement du massage et que, dans les jours suivants (lorsqu’il communique avec elle pour le paiement), elle lui avoue qu’elle a mal réagi à l’huile qu’il avait utilisée pendant le massage. 

La première plaignante n’avait pas réglé les honoraires du massothérapeute non plus. 

Patrick Chénard a assuré n'avoir jamais eu de drôle par le passé en lien avec son métier et qu’aucun client ne lui a dit qu’il comptait porter plainte contre ses services depuis qu’il pratique. «Est-ce que c’est un coup monté», va jusqu'à demander l'accusé. 

Interrogé à savoir si d'autres clientes pourraient lui reprocher des gestes, Chénard a assuré qu'il ne croyait pas la chose possible. 

Pas de polygraphe 

La Couronne a décidé de déposer des accusations contre Chénard en raison des similitudes des témoignages entre les trois plaignantes. Toutes trois ont affirmé que l’accusé a fait des attouchements sur leurs parties génitales et sur leurs seins, et l'une d'entre elles a soutenu avoir fait une crise de panique en sortant de son massage, a expliqué l'enquêteur à l'accusé. 

Ce dernier a réfuté ces allégations à plusieurs reprises. Il a toutefois refusé de passer le test du polygraphe, jugeant qu’il ne croit pas à ce type de test et que ces résultats ne sont pas admissibles en cour.

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