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Mont-Tremblant poursuivie par ses policiers

Agence QMI

CAPTURE D'�CRAN / TVA NOUVELLES / AGENCE QMI

La Ville de Mont-Tremblant fait l’objet de poursuites de la part de la Fraternité des policiers de Mont-Tremblant après sa décision de dissoudre son service de police pour adopter ceux de la Sûreté du Québec.

Deux requêtes ont ainsi été déposées le 20 décembre à Montréal devant le Tribunal administratif du travail (TAT) contre la Ville de Mont-Tremblant pour ingérence syndicale. En l’occurrence, la Fraternité conteste la décision de la Ville de Mont-Tremblant en vertu de plusieurs articles du Code du travail. 

«La situation que vivent les policiers et les policières à Mont-Tremblant ne fait aucun sens, c'est pour cette raison-là qu'on veut amener ça devant le TAT, a indiqué Louis Lesage, vice-président de la FPMQ, dans un communiqué. Ce n'est pas normal qu'on prenne une décision irréversible avant d'être allé au bout de toutes les avenues possibles pour régler le vrai problème.» 

En décembre dernier, les élus de cette Ville ont adopté une résolution demandant à Québec, l’autorisation d’abolir le Service de police municipale de la Ville de Mont-Tremblant, précisant que l’offre de la Sûreté du Québec répondait aux «besoins réels et en temps réel». Le maire Luc Brisebois soutenait alors qu’il fallait «agir en leader et prendre la bonne décision pour le bien commun». 

Les policiers soutiennent cependant que plusieurs citoyens sont inquiets de ne pas avoir le même niveau de sécurité et la même qualité des services. «Si nous gagnons nos poursuites, la décision de Mont-Tremblant sera invalidée et les citoyens pourront garder leur corps de police», a expliqué Serge-Alexandre Bouchard, président de la Fraternité des policiers de Mont-Tremblant. 

La Fédération laisse surtout entendre que c’est le conflit de travail entre la Ville et son service de police qui est derrière ce transfert. «On s'explique beaucoup mieux maintenant le manque d'ouverture de la Ville de Mont-Tremblant à régler le conflit de travail. C'est dommage au final, parce que tout cela aurait pu être évité si les élus avaient fait preuve de bonne foi et d'écoute», a soutenu M. Lesage. 

«L'offre globale que la FPMQ a présentée à la Ville de Mont-Tremblant ne réglait pas uniquement le conflit de travail, mais réglait aussi le climat de travail et la convention collective, bientôt échue, pour les 5 prochaines années, a-t-il ajouté. En plus, l'exécutif syndical presque en entier s'est engagé à démissionner si la Ville conservait son service de police communautaire, dans le but de faciliter de futures discussions entre le syndicat et la Ville.» 

Les policiers de Mont-Tremblant demandent d’ailleurs à Québec de «faire preuve de beaucoup de rigueur dans son analyse du dossier» et de «refuser la demande de transfert de la desserte policière à Mont-Tremblant». 

Le service de police de Mont-Tremblant a été secoué par de nombreux problèmes internes. Rappelons qu’en mars dernier, la Fraternité avait dénoncé que les agents du corps policier pouvaient être placés sous écoute dans une salle de réunion par la direction. Le syndicat avait aussi indiqué que près de trois policiers sur quatre faisaient l'objet d'une sanction ou d'une enquête disciplinaire.