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«C’est le capitalisme pur et dur. On est des numéros»

TVA Nouvelles

L’année 2020 vient à peine de commencer et déjà une mauvaise nouvelle s’abat sur les 545 travailleurs de l’entrepôt de Provigo de Laval qui perdront leur emploi d’ici la fin de 2021. Les employés sont sous le choc. 

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Des employés rencontrés mercredi matin par TVA Nouvelles, lors du changement de quart de travail, étaient consternés par cette nouvelle, certains parlant d’un «gros choc» et d'une «grosse déception».

«C’est la deuxième fois que je vis une fermeture. C’est jamais drôle. C’est plus pour les jeunes qui se sont endettés pour les maisons [que c'est difficile]. C’est l’enfer, car c’est quand même de bons salaires. C’est le capitalisme pur et dur. On est des numéros», a dit un travailleur visiblement touché.

«Le travail est extrêmement exigeant, la compagnie en demandait de plus en plus. C’était de plus en plus physique. [...] On ne s’y attendait pas», a indiqué un autre employé.

«On prend ça durement évidemment. Les gens sont outrés, attristés du fait qu’ils vont perdre leur emploi», a poursuivi un autre homme qui travaille depuis 12 ans et demi à l’entrepôt de Laval.

«Comme moi, ça fait 18 ans que je travaille ici. Là, on attend, moi dans le fond ce que j’attends de savoir, c’est la prime qu’on va avoir», a dit un autre salarié.

«C’est carrément dégueulasse. On est laissés pour compte. On a beau poser des questions, tantôt [ce qu’ils] nous répondaient était un peu broche à foin. Pis un moment donné «dernière question», comme si on ne pouvait pas poser le nombre de questions qu’on veut. Il y en a qui ont donné toute leur vie ici, puis aujourd’hui on s’en fout et on s’en va en Ontario».

«Il y a des gens de 30-40 ans d’ancienneté. Moi j’ai 45 ans d’ancienneté. L’avantage que j’ai, j’ai 62 ans, donc je suis plus avantagé que ceux qui ont 30-35 ans d’âge, avec des familles».

Loblaw, qui exploite les bannières Provigo Le Marché et Maxi, a décidé de fermer d’ici la fin de 2021 son entrepôt de denrées non périssables lavallois et de transférer les opérations vers un centre entièrement automatisé en construction à Cornwall, en Ontario. À l’instar de l’entrepôt de Laval, celui d’Ottawa fermera aussi ses portes.