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Face au pipeline de Gazoduq, des militants haussent le ton

Gaël Poirier | Agence QMI

GAËL POIRIER/AGENCE QMI

Le projet de Gazoduq de construire un pipeline entre l’Abitibi et le Saguenay crée une vague de mobilisation rarement vue en région.

Lors de la dernière année, plus d’une vingtaine de groupes citoyens ont été créés dans les deux régions et s’organisent pour s'opposer au projet, qui prévoit la construction d’un pipeline souterrain.

Des militants s’inquiètent de l’avenir de la biodiversité animale et végétale, puisqu’une zone de coupe d’arbres d’au moins 30 mètres est prévue de chaque côté de la conduite. «La construction d'un pipeline, ça fragmente le territoire, ça divise l’habitat des animaux et ça dérange l’équilibre précaire des forêts», a plaidé Michaël Pelletier-Lalonde, membre du groupe «Gazoduq, parlons-en» de Val-d'Or.

Nicolas Ouellet, qui milite au sein du même groupe, s’inquiète des risques de fuites de gaz le long du tracé.

«C’est sûr que ce n’est pas du pétrole qui va passer dans le tuyau, mais il y a des risques d’explosion et on a vu des morts ailleurs dans le monde avec ce genre de projet», a-t-il expliqué.

GAËL POIRIER/AGENCE QMI

Selon plusieurs militants rencontrés, la population québécoise est mal informée sur le projet et ne semble pas saisir le danger que représente un gazoduc.

«C’est la même affaire qu’un oléoduc. Ça comporte les mêmes risques que le projet Énergie Est que les Québécois avaient pourtant rejeté il y a quelques années», a expliqué le président de l’Association générale des étudiantes et étudiants du Collège de Chicoutimi, Étienne Mailloux.

Bon pour l’environnement?

L'entreprise Gazoduq assure pour sa part que le projet est écologique et en phase avec les efforts de transition énergétique du Canada. «Le gaz naturel est bien meilleur pour l’environnement que le pétrole. En ce moment, il y a une forte demande pour ce produit à l'international. Si on ne produit pas le gaz ici, ça va se faire ailleurs avec des normes bien moins rigoureuses», a expliqué la porte-parole de Gazoduq, Marie-Christine Demers.

L’entreprise assure être à l’écoute des inquiétudes de la population des régions concernées.

«Nous sommes en contact constant avec les groupes des régions pour améliorer notre projet, répondre à leurs questions et nous assurer que l’impact sur l’environnement sera globalement positif», a détaillé la porte-parole.

Étude sur l’impact écologique

Le projet de Gazoduq doit être évalué par le gouvernement fédéral, avant d’être approuvé par Québec. L’usine de l’entreprise GNL Québec à Saguenay, qui doit être alimentée par ce pipeline, doit aussi répondre aux critères du gouvernement du Québec.

Le processus de validation des projets peut prendre encore quelques années.

Le pipeline de Gazoduq en bref:

- La conduite à construire, qui sera d'une longueur de 782 km, doit se raccorder à une conduite déjà existante.

- En tout, huit MRC seraient traversées par le gazoduc

- 7 % du tracé du pipeline traverse des zones agricoles permanentes