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Suspect d'un crime, il poursuit la police de Sherbrooke

Jasmin Dumas | TVA Nouvelles

Un homme poursuit le Service de police de Sherbrooke pour 435 516 $ pour atteinte à la réputation.   

Considéré comme principal suspect dans une histoire de tentative de meurtre, Olivier Dussault a été interrogé, arrêté, mais jamais accusé. Il prétend que les policiers ont délibérément nui à sa réputation.  

Dans la nuit du 7 au 8 avril 2018, une femme a été victime d'une sauvage agression à Sherbrooke. Sur les lieux du crime, deux armes ont été laissées sur place par l'agresseur. Le Service de police de Sherbrooke avait d'ailleurs rendu public les photos de ces armes en avril 2019 pour retracer l'auteur du crime.  

Selon ce qu'avance la poursuite, les policiers avaient depuis longtemps ciblé Olivier Dussault comme principal suspect. Une perquisition aurait d'ailleurs été réalisée à son domicile le 18 avril 2019. Il aurait également été arrêté le 7 juin 2019, mais le Directeur des poursuites criminelles et pénales a pris la décision de ne pas porter d'accusation.  

«Je pense que c'est carrément une erreur qui a été commise à l'endroit de mon client et il a subi un traitement qui est hors normes à ce qu'on peut s'attendre du travail des policiers», a précisé l'avocat d'Olivier Dussault, Me. Marco-Pierre Caza, à TVA Nouvelles.  

Olivier Dussault est étudiant au doctorat en psychologie à l'Université de Sherbrooke. Il reproche aux policiers de l'avoir socialement isolé. Dans la demande introductive d'instance en dommage et intérêt déposée à la Cour supérieure, on peut lire: «Ils (les policiers) ont délibérément attaqué sa réputation auprès de ses collègues et professeurs au Doctorat. Ils ont fait passer (Olivier Dussault) pour un homme violent et dangereux auprès de tous alors que l'enquête était toujours en cours.»  

La poursuite allègue aussi que les policiers auraient abordé la famille et les amis d'Olivier Dussault et de sa conjointe «en leur montrant, parfois contre leur volonté, les images de la victime et de la scène de crime tout en soutenant que le demandeur en était le responsable.»   

Toujours selon le document déposé au tribunal, la poursuite considère que: «par leurs actions délibérées, les enquêteurs ont abusé de leur pouvoir et ont porté atteinte à la réputation, à la dignité, à la vie privée et à l’intégrité physique et psychologique des demandeurs.»   

Un autre passage stipule: «Les policiers l'ont, en outre, détenu pour fins d'interrogatoire sans l'informer de ses droits, lui ont menti sur ses droits, ont perquisitionné à son domicile au-delà de leur mandat et ont mis sa sécurité physique et psychologique en péril lors de l'interrogatoire de plus de 12h sans le nourrir convenablement.»  

Le Service de police de Sherbrooke n'a pas voulu commenter le contenu de la poursuite, mais confirme que l'enquête pour résoudre la tentative de meurtre commise en avril 2018 est toujours en cours.   

  

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