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Abusé par son frère pendant son enfance, il brise le silence

Catherine Pellerin | TVA Nouvelles

Un homme de La Malbaie a écopé cette semaine de deux ans d’emprisonnement pour avoir commis des attouchements sexuels pendant des années sur ses deux jeunes frères. L’une des victimes s’est confiée à CIMT Nouvelles. 

Maurice Tremblay a brisé le silence, après plus de 50 ans. «Ce n’était pas vivable, donc pour vivre, il faut que je déclare.» 

Il a été abusé par son grand frère à de multiples reprises dans son enfance. Les attouchements sexuels ont débuté alors qu’il avait sept ans. À 17 ans, il a fait une tentative de suicide. 

«Je ne trouvais pas ça normal, mais il y avait aucun moyen que ça arrête, qu’il arrête d’agir comme ça. J’aimais mieux mourir», a-t-il confié. 

Il a alors subi un choc et a perdu la mémoire concernant les horreurs qu’il a vécues. 

En 2015, après avoir reçu de violentes menaces de la part de son aîné, ses souvenirs ont refait surface. 

Voisin de son agresseur 

Depuis des années, son bourreau était même son voisin. Il a longtemps subi de l’intimidation de sa part. 

«J’avais des "flash-back", j’allais le voir et lui demandais pourquoi il m’avait fait ça. Il me répondait que j’avais juste à le déclarer, qu’il allait faire deux mois de prison et qu’il allait sortir.» 

Il a décidé de porter plainte contre son frère le jour où ce dernier a coupé la haie qui séparait leurs maisons.  

«Ça me permettait de le voir, de voir ses enfants. Et ça me fatiguait. Je vivais ce que je vivais.» 

Coupable 

Après trois ans de démarches judiciaires, Jean-Marc Tremblay a plaidé coupable. Il n’a présenté aucune excuse à ses deux victimes, qui vivent avec d’importantes séquelles. 

La victime a pu en témoigner à la cour, en lisant une longue lettre. 

«J’ai des problèmes de sommeil, d’agressivité. Je m’empêche de sortir, j’ai peur du jugement des autres. Je me sens la bouche sale, impossible d’embrasser mon épouse. Oui, M. le juge, mon frère m’a brisé à jamais», a-t-il raconté. 

Dévoiler son identité 

Maurice Tremblay tenait aussi à faire lever l’ordonnance de non-publication sur son identité, afin de faire taire les rumeurs. 

«Ils me disaient Jean-Marc Tremblay, c’est un bon gars. Ceux qui l’ont déclaré après 60 ans, ce sont des malades. Ça fait mal de se faire dire ça, ça fait très mal», a-t-il dit. 

Il déplore que des membres de sa famille soient maintenant en colère contre lui. Malgré tout, il ne regrette aucunement d’avoir dénoncé celui qui a brisé sa vie.  

«C’est un gros soulagement. Ça n’enlèvera pas les souffrances, mais ça les diminue.»