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Beauceville décroche finalement l'estacade

Pierre-Paul Biron | Journal de Québec

La saga de l’estacade de Beauceville, installée par la Ville contre les avis des experts mandatés par la Sécurité publique durant le congé des Fêtes se conclura finalement par une tentative de retrait complet de l’installation par les chercheurs de l’Université Laval. Ces derniers ne prévoient toutefois pas d’inondation à la suite de cette décision.  

L’équipe du chercheur Brian Morse était à l’œuvre en fin d’avant-midi vendredi pour tenter de retirer l’installation qui traverse la rivière Chaudière d’est en ouest. «Si ça va bien, on va l’enlever, si ça va mal on va la laisser là», a indiqué l’expert.  

Un peu plus tôt en matinée, le maire de Beauceville avait affirmé avoir rempli sa part de l’entente en décrochant l’un des côtés de l’estacade, refusant toutefois de la retirer complètement.  

Mésentente  

La mésentente avait débuté le 24 décembre dernier alors que le maire François Veilleux avait choisi d’installer l’estacade malgré la demande des chercheurs mandatés par le ministère de la Sécurité publique de ne pas procéder. Une demande qualifiée de «jambette» par le maire, alors que les experts qualifiaient la procédure d’inutile vu l’étendue du couvert de glace.  

Après avoir reçu mercredi la demande de retirer l’estacade en prévision du redoux prévu ce weekend, le maire a refusé de complètement désinstaller le câble.  

«L’entente écrite qu’on a, c’était pour la décrocher, c’est ce qu’on a fait ce matin. [...] Nous on a respecté l’entente, maintenant advienne que pourra», a indiqué le maire Veilleux en conférence de presse à l’hôtel de ville.  

Peu de risque dans les prochains jours  

À quelques kilomètres de là, l’ingénieur en charge du projet de recherche Brian Morse et son équipe s’affairait déjà à retirer complètement l’installation.   

Selon l’expert, il n’aurait servi à rien de laisser l’estacade à l’eau si elle était décrochée. «Il faut la sortir de là un moment donné et à mon avis, le meilleur moment est aujourd’hui, avant qu’elle ne se prenne dans les glaces», explique M. Morse.  

Quant au risque de débordement de la Chaudière pour les prochains jours, le professeur le quantifie à environ 10%. «Et on parlerait d’inondations mineures puisqu’on n’attend pas un grand débit», ajoute-t-il. «La rivière ne devrait pas bouger».  

Pour la suite, il n’est pas impossible de voir l’estacade sud être réinstallée au cours de l’hiver. «On va attendre de voir comment réagit la rivière, mais ce serait possible».  

Loin d’être terminé

Ce premier dénouement ne garantit pour l’instant en rien la fin de cette affaire qui a beaucoup fait jaser en Beauce.  

Le maire François Veilleux a refusé vendredi matin de s’engager à respecter à la lettre les recommandations des experts responsables du projet dans le futur et a même soulevé la possibilité de réinstaller l’estacade. Surtout si la rivière revenait «à l’eau claire» en raison d’un redoux.   

«C’est nous qui la connaissons la rivière au bout de la ligne. Quand on me dit que le couvert de glace est fait et qu’on a toutes les preuves, les photos, qui disent le contraire, ce n’est pas une question de confiance, c’est une question de bon sens», martèle le maire de Beauceville.

En réponse, Brian Morse a seulement rappelé que l’estacade n’était pas la propriété de Beauceville, mais bien celle de l’Université Laval. «L’estacade ne devrait donc plus être installée sans l’accord de votre équipe», a-t-on demandé au chercheur. «Je suis d’accord avec vous là-dessus», s’est contenté de répondre M. Morse.

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