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Il écope de 15 mois de prison pour avoir tué un septuagénaire lors d'une dispute

Michael Nguyen | Journal de Montréal

Un Montréalais qui a tué un septuagénaire lors d’une dispute dans un bar, 30 ans après avoir causé la mort d’un champion olympique, a écopé hier de 15 mois de détention.  

«C’est la malchance qui me suit», a lancé Glen Crossley juste avant d’écoper de sa sentence vendredi au palais de justice de Montréal.  

C’est qu’en 1989, alors qu’il était un jeune adulte, il avait happé mortellement le champion de natation Victor Davis lors d’un délit de fuite à la sortie d’un bar de la métropole. Il avait alors écopé de 10 mois de prison.  

Le plus récent homicide de Crossley, maintenant âgé de 49 ans, est survenu en septembre 2016, cette fois lors d’une soirée karaoké au bar Station 77, dans l’arrondissement LaSalle.  

Sur place, il y avait une douzaine de clients, dont la victime de 70 ans Albert Arsenault. Ce dernier était intoxiqué et regardait «de travers» les autres clients, selon un résumé des faits de la cause.  

Un peu plus tard, Crossley est ensuite allé fumer avec une «jolie femme». En rentrant dans le bar, il aurait alors vu M. Arsenault agripper la femme. En voulant la «sauver», il a poussé le septuagénaire, qui a alors déboulé des escaliers pour se cogner la tête et décéder.  

«Personne ne s’imaginait qu’il était sérieusement blessé», a noté le juge Daniel Royer.  

Mais même si le geste se rapproche plus de l’accident que du meurtre, Crossley a quand même été accusé. Il a ensuite plaidé coupable d’homicide involontaire. Le procureur de la Couronne Philippe Vallières-Roland réclamait 3 ans de pénitencier, tandis qu’Annie Émond, de la défense, suggérait au plus une année d’incarcération.  

«Le degré de responsabilité de [Crossley] est basse, ça mérite de la clémence», a noté le magistrat en rappelant que Crossley n’a pas frappé M. Arsenault, mais qu’il l’a plutôt poussé.  

C’est entre autres pour cela que Crossley a finalement écopé de 15 mois de prison. Il devra ensuite respecter une probation de deux ans.  

«Le tribunal peut seulement espérer que [la fin du processus judiciaire] permettra aux proches de tourner la page», a conclu le magistrat.