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Les mariages religieux toujours en baisse

Etienne Pare

Priest celebrate wedding mass at the church

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Le nombre de Québécois qui unissent leur destinée à l’église continue de descendre en flèche, une réalité qui se fait ressentir au sein de l’industrie du mariage, réunie ce week-end à Montréal pour le traditionnel Salon marions-nous. 

«Plusieurs jeunes n’ont pas fait leur confirmation et même leur première communion. Pour se marier de manière religieuse, ils devraient donc faire de longues démarches à l’église, mais n’ont pas nécessairement le temps», a constaté Catherine Michaud, propriétaire de CM Planification, une entreprise de la Rive-Sud qui fait dans l’organisation de mariages. 

Presque tous ses clients vont préférer être unis par un ami ou un parent, une pratique permise au Québec sous certaines conditions depuis 2002. 

«C’est beaucoup moins long. C’est une formation d’à peu près une heure pour avoir le certificat de célébrant», a ajouté Mme Michaud. 

Se faire marier par un proche 

Cette façon de faire est en effet en train de supplanter les unions formalisées à l’église ou au palais de justice, révèle les chiffres compilés par l’Institut de la statistique du Québec depuis 50 ans. 

Lorsque le mariage civil a été reconnu en 1969, son pendant religieux a connu un déclin sans précédent pendant 20 ans. Puis, dans les années 1990, la situation s’était stabilisée. Pour sept mariages religieux, trois étaient prononcés par une personnalité juridique. 

Quand la loi a été de nouveau changée pour permettre aux quidams de diriger les cérémonies, l’impact s’est vite fait ressentir. 

Aujourd’hui, environ 30 % des nouveaux mariés prononcent leurs vœux devant un proche, alors que moins de 40 % penchent pour un ministre du culte. À peu près 15 % des gens deviennent mari et femme aux greffes du palais de justice: c’est légèrement moins que les mariages célébrés devant notaire, une autre pratique autorisée depuis 2002. 

Une tendance qui ne fait pas que des heureux 

En choisissant un membre de l’entourage comme célébrant, les époux peuvent ainsi se dire oui à l’endroit où a ensuite lieu la réception. Les longs cortèges de limousines transportant les invités de l’église à l’hôtel: c’est de plus en plus de l’histoire ancienne, observe-t-on. 

«J’ai vendu toutes mes limousines, il y a environ 11 ans. Il n’y a plus d’églises dans le portrait. Ce n’est plus comme avant», a commenté Dominico Di Minno, propriétaire d’Autobus Limo. 

Il mise maintenant sur les bus, permettant au moins de déplacer tout le monde en même temps, dans les cas où la noce n'est pas où se déroule la soirée. 

Malgré tous ces changements dans l’industrie, le nombre total de mariages au Québec, lui, reste stable depuis un quart de siècle. En 2018, 22 843 personnes se sont passé la bague au doigt. 

Le Salon marions-nous se poursuit dimanche à Place Bonaventure.