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Mort de sa femme enceinte: un ex-pasteur libéré sous caution après sa condamnation

Agence QMI

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Un ex-pasteur torontois, condamné à 15 ans de prison pour l’homicide involontaire de sa femme enceinte, a été libéré sous caution en attendant son appel.

Reconnu coupable en février dernier par un jury, l’ancien révérend Philip Grandine a été condamné mardi à 15 ans de prison pour la mort par noyade de sa femme enceinte, Anna Karissa Grandine, en 2011. Il avait toutefois fait appel, arguant qu’il ne représentait pas un risque de fuite et que sa détention n’était pas nécessaire.

Vendredi après-midi, un juge de la plus haute cour de l’Ontario s’est rangé de son côté, tout en reconnaissant la gravité du crime, selon le «Toronto Sun». Il a été libéré sous caution en attendant son appel pour sa condamnation.

La victime était enceinte de 20 semaines lorsqu'elle s'est noyée dans la baignoire de la maison du couple en octobre 2011 et des analyses de sang ont révélé dans son système la présence d’un sédatif donné par son mari, même si elle n'a jamais eu de prescription.

Selon ce qui a été dit au tribunal, l’homme, qui avait une maîtresse, a planifié les événements. En l’occurrence, il avait fait au préalable quelques recherches sur ce sédatif. Le jour du drame, il a permis à sa femme «d'entrer dans les eaux du bain en sachant qu'elle était gravement affectée par la drogue», a fait savoir la juge mardi en rendant sa décision.

«Son comportement se rapproche plus du quasi-meurtre que de tout ce qui se trouve à l'autre bout du spectre des cas d'homicide involontaire», a-t-elle précisé.

Philip Grandine, 32 ans, a initialement été accusé de meurtre au premier degré, puis un jury l'a reconnu coupable d'homicide involontaire en 2014. Il a interjeté appel et un nouveau procès pour homicide involontaire coupable a été ordonné après que la Cour d'appel eut conclu que le juge avait commis une erreur en répondant à la question d'un juré.

Un deuxième jury l'a reconnu coupable d'homicide involontaire l'an dernier. Maintenant, il fait de nouveau appel, soutenant que le juge du procès a commis une grave erreur de droit.

La famille de Karissa ne s’explique pas la situation. «La douleur et la souffrance que la famille et ses amis proches ont endurées sont insupportables en perdant un être humain si précieux, a déclaré le porte-parole de la famille, Cliff McDowell. Ajouter l'insulte au préjudice selon lequel il pourrait y avoir un troisième procès démontre que l'intérêt public n'est pas un facteur dans ce cas.»