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Opération séduction réussie auprès de soudeurs mexicains

Sylvie Lemieux - Le Journal de Montréal

C’est à bras ouverts que la population de Saint-Nazaire, au Lac-Saint-Jean, a accueilli les premiers soudeurs mexicains recrutés par Proco, un fabricant de structures métalliques et le principal employeur de la municipalité avec ses 300 travailleurs. 

Pour faciliter leur intégration, une trentaine de résidents se sont même mis à l’apprentissage de l’espagnol. 

Quand Proco a décidé d’aller au Mexique pour recruter des soudeurs, c’était dans le but qu’ils s’installent à long terme avec leur famille à Saint-Nazaire. Pour le directeur de l’usine, Jean-Denis Toupin, il était donc essentiel que le milieu se mobilise pour favoriser leur intégration. La réponse a été au-delà de ses attentes. 

Un comité d’accueil a été mis sur pied avec l’administration municipale et des organismes comme Portes ouvertes sur le lac, qui offre des services d’intégration aux travailleurs immigrants. Rapidement, l’idée d’offrir des cours d’espagnol à la population a fait son chemin. 

« Eux font l’effort d’apprendre le français, on pouvait bien faire l’effort d’apprendre l’espagnol pour faciliter la communication », explique le maire Jules Bouchard. 

La municipalité a investi 1000 $ pour mettre en place une formation. À la grande surprise du maire, une trentaine de Nazairois se sont inscrits. Lui-même s’est mis à la tâche. 

Des candidats qualifiés 

Le comité d’accueil a aussi aidé les travailleurs mexicains à se trouver un logement et à s’habiller adéquatement pour passer leur premier hiver en sol québécois. 

« C’est leur plus gros défi avec l’apprentissage du français. Jusqu’à maintenant, tout se passe bien », souligne Jean-Denis Toupin. 

C’est en janvier 2019 que le dirigeant a décidé de se tourner vers le recrutement international pour pourvoir ses postes de soudeurs. Il a mis le cap sur le Mexique. 

« On avait 16 postes à pourvoir et on a reçu plus de 350 candidatures. On en a sélectionné 75 et une équipe de recruteurs s’est rendue sur place pour mener les entrevues et faire passer des tests de soudage. Avec un tel bassin de recrutement, on a pu sélectionner des gens très qualifiés », relate M. Toupin. 

En octobre dernier, l’usine a accueilli un premier groupe de cinq soudeurs. Les autres arriveront au printemps quand ils auront terminé les procédures d’immigration. 

Pour Proco, ce recrutement a représenté un gros investissement, soit environ 10 000 $ par soudeur, estime Jean-Denis Toupin.  

« C’est trois fois plus qu’une embauche locale. On ne voulait donc pas manquer notre coup. » 

Quant au maire, il n’était pas question pour lui de passer à côté de l’arrivée de 16 nouvelles familles dans sa municipalité de 2150 habitants. 

« C’était important de les accueillir comme il faut. La population est stagnante depuis quelques années. On fait tout notre possible pour la faire croître et l’immigration fait partie de la solution. » 

Santé 

Les TMS affectent 25 % des travailleurs

Tendinites, maux de dos, tensions cervicales et autres troubles musculo-squelettiques (TMS) affectent près d’un million de personnes, soit un travailleur sur quatre, selon les résultats d’une enquête publiée cette semaine par l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ). 

L’enquête s’est attardée sur les TMS d’origine non traumatique liés au travail. Elle a permis de mettre en évidence que les femmes sont plus touchées : 31 % d’entre elles ont rapporté en souffrir, comparativement à 20 % des hommes. 

Parmi les personnes les plus touchées, peu importe le sexe, on retrouve les ouvriers qualifiés et non qualifiés et les manœuvres. Il s’agit principalement de travailleurs âgés de 45 ans et plus et de ceux qui se perçoivent comme financièrement pauvres. Les personnes exposées à des contraintes physiques (gestes répétitifs, postures contraignantes, charges à soulever), mais aussi à des contraintes organisationnelles et psychosociales (charge de travail élevée, faible reconnaissance, harcèlement psychologique) ont une probabilité élevée de souffrir de TMS. 

Stratégie 

Savoir se démarquer des autres candidats

Le portfolio en ligne ou le site web personnel sont devenus des atouts pour les candidats qui veulent prendre une longueur d’avance sur leurs concurrents, révèle une étude d’Accountemps. 

Selon la firme de recrutement, les cadres supérieurs au Canada sont impressionnés lorsque les candidats donnent accès à un portfolio en ligne ou à un site web personnel (43 %), soulignent leurs réalisations dans une infographie (39 %) et ajoutent des renseignements personnels sans lien avec le poste dans leur CV (39 %). 

De plus, la plupart des cadres supérieurs (60 %) accordent beaucoup d’importance aux lettres d’accompagnement. Aussi, près de deux répondants sur cinq (37 %) ont déclaré que le réseautage dans les médias sociaux avec des employés de l’entreprise d’intérêt peut faire pencher la balance en faveur d’un candidat. 

De plus en plus de travailleurs à la demande 

La proportion de travailleurs « à la demande » par rapport à l’ensemble de la main-d’œuvre canadienne est passée de 5,5 % en 2005 à 8,2 % en 2016, selon Statistique Canada, qui a présenté les résultats de sa première enquête systématique sur ce sujet au pays. 

Au total, près de 1,7 million de personnes œuvrent dans l’économie à la demande, aussi appelée « économie de petits boulots ».  

La popularité des plateformes numériques, telles que Foodora, Uber et même Kijiji contribue à ce phénomène. 

Pour la moitié de ces travailleurs, il s’agit d’une activité temporaire qu’ils comptent laisser avant un an. Cependant, près du quart d’entre eux occuperont ce travail pendant au moins trois ans. 

Ils en retirent un salaire qui est plus que modeste, avec un revenu net médian de 4303 $ par an.  

Un peu plus du tiers (36 %) de ces personnes peuvent compter sur un autre emploi rémunéré, et 15 % sur plusieurs autres emplois. Toutefois, près de la moitié n’ont pas d’autres revenus. 

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