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Le procès de l'ex-propriétaire d'une boucherie et de son fils débute

Kathleen Frenette - Le Journal de Québec

Le jour où un jeune travailleur de 18 ans s’est coincé le bras et la tête dans un hachoir de la Boucherie Huot de St-Nicolas en novembre 2016, le système de sécurité de l’appareil ne fonctionnait tout simplement pas. 

C’est ce qu’il a été possible d’apprendre au premier jour du procès de l’ancien propriétaire de la boucherie, Bernard Huot, et de son fils Carl, tous deux accusés de négligence criminelle ayant causé des lésions corporelles à Olivier Bouchard.  

D’entrée de jeu, le procureur aux poursuites criminelles, Me Marc Gosselin a présenté à la juge Annie Trudel la vidéo de surveillance qui pointait sur le hachoir industriel. 

Pendant quelques minutes, sur des images en noir et blanc, on y voit les employés s’affairer à leur tâche. 

Département «des hachés» 

Le jeune Bouchard monte ensuite sur un escabeau et tombe littéralement tête première dans l’appareil qui sert à broyer la viande et qui est munis d’une vis sans fin. 

Pendant qu’on voit ses jambes battre l’air, les autres employés affolés tentent de lui porter secours. 

« Ça criait : quelqu’un est pris dans le hachoir et là, j’ai vu ses jambes. J’ai voulu le démancher, mais, je ne pouvais pas parce que son bras était pris dans l’hélice», a raconté Oscar Masso Condo, un immigrant fraichement débarqué au pays en octobre 2014 et qui a été engagé un mois plus tard pour travailler au département «des hachés» sans jamais avoir eu de formation. 

L’homme de 49 ans a expliqué à la Cour être allé chercher une masse pour démancher l’hélice qui retenait la jeune victime prisonnière. 

« Quand on l’a déposé sur la table, j’étais certain qu’il était mort. Les employés paniquaient et quand Bernard, le patron, est arrivé il nous a dit de continuer de travailler», a-t-il témoigné. 

Machineries défectueuses 

Questionné à savoir si la machinerie utilisée à la boucherie était défectueuse, le Cubain d’origine a précisé qu’elles l’étaient «toutes sauf l’emballeuse». 

« La galetteuse avait un problème. On travaillait sans couvercle. La trancheuse à jambon était défectueuse, la machine à viande gelée, c’était la même chose que le hachoir», a-t-il précisé. 

Selon ce qu’il a raconté, ces deux appareils auraient dû s’arrêter lorsque le couvercle était relevé, ce qui n’était pas le cas puisque «les machines fonctionnaient sans arrêt». 

Un constat qui a aussi été fait par l’un des premiers policiers appelés sur les lieux du drame.  

C’est d’ailleurs l’un des policiers appelés en renfort à la boucherie qui, devant l’état d’énervement des employés, a suggéré au patron de leur donner congé pour le reste de la journée. Une consigne qui n’avait pas été suivie par le patron qui, quelques minutes après le drame, avait plutôt suggéré à ses employés de continuer le travail. 

Santé et sécurité 

Lors de cette première journée d’audience, le ministère public a également tenté de démontrer que la prévention en santé et sécurité était déficitaire dans l’entreprise de la Rive-Sud. 

«Moi, j’ai appris par moi-même. On m’a dit ça, ça marche comme ça, le bouton vert, ça marche, le bouton rouge, ça arrête et puis c’est tout», a ajouté M. Masso Condo. 

Le procès est prévu pour deux semaines.

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