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Nemaska Lithium doit 161 M$ à ses créanciers

Louis Cloutier | TVA Nouvelles

Les sérieux problèmes financiers que rencontre l’entreprise Nemaska Lithium, qui s’est placée à l'abri de ses créanciers juste avant Noël, entraînent des contrecoups pour 210 de ses fournisseurs de services et de produits, dont 44 se trouvent en Mauricie.

L'entreprise, qui était considérée comme un fer de lance de la nouvelle économie de Shawinigan, souhaitait s'imposer à titre d'important producteur d'hydroxyde de lithium, un intrant de première importance dans la fabrication de batteries pour voitures électriques.

Le total des dettes de Nemaska atteint les 161 millions $. Les montants dus vont de quelques dizaines à quelques millions de dollars. Par exemple, Hydro-Québec a des comptes en souffrance s'élevant à 72 700 $, alors que le Centre de recherche en électrochimie du Cégep de Shawinigan en a un de 56 400 $.

Québec a par ailleurs investi 130 millions dans cette entreprise. Investissement Québec apparaît sur la liste de ceux dont la créance est garantie.

«Je vous avoue que c'est une période qui n'est pas nécessairement facile pour Nemaska, mais, à la Ville de Shawinigan, on garde confiance», a indiqué le maire, Michel Angers.

Au Consumer Electronics Show de Las Vegas, d'où il rentre, le maire a discuté de la situation de Nemaska avec le ministre québécois de l'Économie.

«Je peux mentionner que le gouvernement du Québec ne veut pas laisser aller cette belle opportunité», a dit M. Angers.

Depuis le 31 décembre, les activités de Nemaska Lithium à son usine expérimentale de Shawinigan et à sa mine de spodumène – un minéral – dans le Nord-du-Québec sont suspendues. La moitié des 130 employés ont été mis à pied. Les autres demeurent actifs au siège administratif sur le site de l'ancienne usine Laurentide, dans le secteur de Grand-Mère, à Shawinigan.

Nemaska doit déposer un plan de restructuration devant le tribunal. Aucune date n’a été fixée pour cette étape du processus, mais le 23 décembre, en annonçant qu’elle se plaçait sous la protection contre ses créanciers en vertu de la Loi sur les arrangements avec les créanciers des compagnies (LACC), l’entreprise a indiqué qu’elle s’est « engagée à achever le processus de restructuration rapidement et efficacement».