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Elizabeth Warren déçue par les propos de Bernie Sanders

Agence France-Presse

Ne retenant plus leurs coups, six candidats à l'investiture démocrate pour la présidentielle américaine s'affronteront mardi soir lors du dernier débat télévisé avant le vote très attendu dans l'Iowa, coup d'envoi de la primaire.  

Alors que la course avait débuté avec une diversité record au sein des candidats espérant défier le républicain Donald Trump en novembre, tous les participants sur le plateau seront, pour la première fois, blancs.  

Un fait qu'avait déploré le sénateur Cory Booker juste avant de jeter l'éponge lundi, quittant la course faute de financements suffisants.  

Attendus sur de nombreux sujets, six candidats se retrouveront mardi soir pour débattre durant deux heures à Des Moines, dans l'Iowa: l'ancien vice-président Joe Biden, favori dans les sondages nationaux (28 % selon RealClearPolitics), le sénateur indépendant Bernie Sanders (20 %), la sénatrice progressiste Elizabeth Warren (16 %), l'ex-maire Pete Buttigieg (7,5 %), la sénatrice modérée Amy Klobuchar (3 %) et le milliardaire Tom Steyer (2 %).  

Ils échangeront sur les tensions avec l'Iran, le réchauffement climatique, la lutte contre les violences par armes à feu, le système de santé...  

État rural peu peuplé, l'Iowa pourrait avoir une grande influence sur la course démocrate puisqu'il sera le premier à voter, le 3 février. Les sondages y sont extrêmement serrés entre quatre favoris: Biden, Sanders, Buttigieg et Warren.  

Sanders lâche les coups  

Fort de sa bonne place dans les intentions de vote et de collectes de fonds impressionnantes en 2019 auprès de ses partisans, Bernie Sanders a quitté ce week-end sa réserve face à ses rivaux.  

Au modéré Joe Biden, son équipe a reproché avec virulence son vote en 2002, lorsqu'il était sénateur, pour autoriser George W. Bush à intervenir militairement en Irak.  

Puis la température est montée entre le socialiste et Elizabeth Warren, qui avaient maintenu jusqu'ici un front amical entre progressistes.  

Tout est parti d'un article de Politico affirmant ce week-end que l'équipe de campagne de Bernie Sanders donnait comme consigne à ses volontaires de dépeindre sa rivale comme une candidate des élites.  

«Je suis déçue d'apprendre que Bernie envoie ses volontaires me salir», a réagi Elizabeth Warren devant des journalistes.  

Alors que l'ambiance était déjà tendue, une autre polémique a explosé avec un article de CNN.  

La chaîne a affirmé que M. Sanders avait déclaré à sa rivale qu'une femme ne pourrait pas gagner la présidentielle contre Donald Trump, alors même qu'elle venait de lui confier, fin 2018, qu'elle comptait se présenter.  

«Ridicule», a réagi Bernie Sanders. Mais Elizabeth Warren a plus tard confirmé ces informations. «J'ai dit qu'une femme pourrait gagner, il n'était pas d'accord», a-t-elle déclaré dans un communiqué.  

«Nous sommes amis et alliés depuis longtemps, et je n'ai aucun doute que nous continuerons à travailler ensemble pour battre Donald Trump» le 3 novembre, a-t-elle toutefois ajouté.  

Trump en spectateur  

Se délectant apparemment de la situation, Donald Trump a commenté la primaire en utilisant le surnom, « Pocahontas », dont il a affublé la sénatrice pour se moquer des origines amérindiennes très lointaines qu'elle a longtemps revendiquées.  

«Tout le monde sait que sa campagne est morte et ils veulent ses électeurs potentiels», a tweeté le président.  

Les fuites embarrassantes dans la presse coïncident avec la nouvelle position renforcée de Bernie Sanders dans la primaire.  

Largement épargné lors des précédents débats, le socialiste pourrait donc cette fois faire l'objet de plus de critiques et piques de ses rivaux.  

Âgé de 78 ans, le sénateur pourrait notamment être attaqué sur son âge et sa forme, après avoir fait une crise cardiaque le 1er octobre, dont il s'est bien remis selon ses médecins.  

Joe Biden arrive lui fort du soutien nouvellement annoncé de plusieurs jeunes élus qui ont remporté en 2018 leurs mandats dans des circonscriptions républicaines.  

Un bon point pour appuyer son image de candidat à même de regagner certains électeurs qui avaient basculé en faveur de Donald Trump en 2016.  

Mais ce vétéran de la politique âgé de 77 ans doit aussi faire face aux doutes sur son âge et sa forme, alimentés par ses gaffes.  

L'ancien bras droit de Barack Obama s'est en outre vu happé par l'affaire ukrainienne qui vaut à Donald Trump une procédure de destitution.  

En demandant au président ukrainien d'enquêter sur M. Biden et son fils, Hunter, qu'il accuse sans preuve d'être «corrompus», le président américain a toutefois pu contribuer à renforcer le statut de favori de l'ancien vice-président, en le faisant apparaître comment le candidat qu'il craignait le plus.

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