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Le hachoir était «fonctionnel, mais non sécuritaire»

Kathleen Frenette | Journal de Québec

Le hachoir de la boucherie Huot qui a aspiré le jeune Olivier Bouchard en novembre 2016 était « fonctionnel, mais non sécuritaire» depuis le mois de novembre 2014.

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C’est ce qu’a affirmé, mardi, l’électricien Marc Toutant qui travaillait chez Gonthier électrique lorsqu’il a été appelé, à l’époque, pour se rendre à la boucherie Huot à la suite du bris du hachoir industriel.

Pour le faire fonctionner de nouveau, l’homme a dû contourner le système de sécurité de l’appareil qui devait cesser une fois le couvercle ouvert.

«J’ai avisé le patron et les employés et je lui ai dit de commander les pièces pour réparer le système de sécurité», a-t-il mentionné à la juge Annie Trudel en précisant avoir dit de «ne jamais lever le couvercle sans d’abord arrêter le moteur».

Quelques semaines plus tard, il est retourné au commerce de St-Nicolas mais, malgré les nouveaux capteurs commandés, le système de sécurité ne fonctionnait toujours pas.

Il a donc recommandé au propriétaire, Bernard Huot, de commander un nouveau module en s’adressant au fabricant de l’appareil.

Toutefois, l’électricien dit n’avoir plus eu de nouvelles après cette recommandation.

Contre-interrogé par l’avocat de la défense, Me Rénald Beaudry, l’électricien a admis que ce type d’appareil possédait trois autres systèmes de sécurité soit un bouton champignon pour arrêter la machine, et deux interrupteurs qui se trouvaient au mur, près de l’appareil. 

Visite de la CSST

En mai 2016, un autre électricien de la même compagnie, Jimmy Blanchette, s’est aussi rendu à la boucherie après avoir été appelé par Carl Huot, le fils du propriétaire.

Ce dernier lui a mentionné avoir reçu le module de commande et il désirait que l’électricien le change parce que «les inspecteurs de la CSST avaient annoncé qu’ils allaient passer bientôt».

«Les modules étaient toutefois différents et je n’ai pas pu faire le raccordement parce que le filage du nouveau module ne fonctionnait pas avec l’appareil», a-t-il témoigné.

Dans un cas comme dans l’autre, les deux électriciens ont réentendu parler du hachoir de la boucherie Huot lorsque l’accident du jeune Olivier a été médiatisé.

Rappelons que Bernard et Carl Huot font face à des accusations de négligence criminelle ayant causé de lésions corporelles. 

Les deux hommes font également face à une poursuite civile dans laquelle la jeune victime et ses parents réclament la somme de 300 000$ pour les préjudices subis.

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