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Le plus gros procès de l’histoire de Laval s’ouvre mercredi

Yves Poirier | TVA Nouvelles

Une poursuite au civil de près de 67 millions$ contre la Ville de Laval, probablement la plus importante poursuite jamais intentée contre la ville, s’ouvrira mercredi, a appris TVA Nouvelles. 

Les entreprises Construction Aldo et Construction Lafleur exigent ce dédommagement considérable pour les pertes de bénéfices liés au projet de tours à condominiums Le Commodore qui n’a jamais vu le jour.

En 2013, alors qu’on entrait dans l’ère post-Vaillancourt, Marc Demers était élu à la mairie et promettait de mettre fin au désordre. D’ailleurs, l’un des premiers dossiers chauds que Marc Demers a eu à gérer, c’est celui concernant Le Commodore.

Il s’agissait d’un ambitieux projet de 328 unités de condominium, réparties en deux bâtiments de 28 et 30 étages. Les tours devaient être situées près du boulevard Lévesque Est, sur les berges de la rivière des Prairies. Or, la grogne d’un groupe d’opposants et une enquête administrative lancée par le maire ont fait en sorte que le projet n‘a jamais vu le jour.

Si Marc Demers a fait part de ses réserves face à ce projet immobilier en 2014, c’est parce que Le Commodore aurait fait l’objet d’interventions incessantes de l’ancien maire Gilles Vaillancourt auprès des fonctionnaires municipaux.

Chose certaine, cinq ans plus tard, l’entrepreneur qui avait eu la plupart des autorisations pour aller de l’avant n’a toujours pas digéré de s’être fait retirer soudainement ses droits de construction. On qualifie l’affaire d’expropriation déguisée et personne n’a encore démontré publiquement, selon l’entrepreneur, qu’il y a eu malversations.

Le chef de l’opposition officielle à Laval, Michel Trottier, a commenté mardi la poursuite.

«En premier lieu, on est très heureux que les tours n’aient jamais vu le jour au bord de la Rivière des Prairies, c’était important pour les citoyens», a-t-il affirmé. 

«Par contre, nous, on souhaite que notre service des affaires juridiques soit équipé et ait toutes les preuves en main pour être capable de prouver le fait qu’ils ont retiré les permis à Aldo construction», a ajouté M. Trottier. «Parce que si on doit payer 67 millions de dollars en dédommagements, ce sera une très mauvaise nouvelle pour les Lavallois.» 

Selon les informations obtenues par TVA Nouvelles, le président de Construction Aldo et Construction Lafleur, Aldo Coviello jr., n’a jamais été contacté par l’UPAC qui a reçu, il y a cinq ans, le rapport administratif remis par l’administration Demers. 

M. Coviello jr. n’a pas voulu commenter. 

Au cabinet du maire Demers, on a aussi refusé notre demande d’entrevue étant donné que l’affaire est judiciarisée.