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Les sœurs Dufour-Lapointe encouragent les filles à bouger

Benoît Rioux | Agence QMI

Désormais étudiante à la Faculté de médecine de l’Université de Montréal, Maxime Dufour-Lapointe a plutôt effectué un retour à l’école secondaire en compagnie de ses deux sœurs Chloé et Justine, mardi, le temps d’inciter des jeunes filles à faire de l’activité physique.

Nouvelles marraines pour l’organisation «Fillactive», les skieuses acrobatiques ont donc participé à une conférence avant d’effectuer un tour au gymnase avec des élèves du Pensionnat du Saint-Nom-de-Marie, à Montréal.

«Je me sens très privilégiée d’avoir une tribune pour partager mon histoire, a noté Maxime. Ça permet d’en inspirer d’autres, de transmettre des messages, de faire des expériences extraordinaires et d’influencer positivement.»

La réalité a de quoi surprendre: environ neuf filles sur 10 ne répondent pas aux normes canadiennes en matière d’activité physique à la fin de l’école secondaire. D’où la création de ce programme qui incite les adolescentes à être actives et à renverser la tendance de l’abandon du sport.

Garder l’équilibre

Après sa retraite du ski acrobatique en 2018, Maxime Dufour-Lapointe a elle-même dû vivre une période d’adaptation afin de demeurer active.

«Il y a eu une période d’adaptation, mais le temps fait les choses. Aujourd’hui, je peux dire que mon équilibre se refait», a témoigné l’aînée des trois sœurs qui, en plus de s’entraîner en gymnase, pratique le ski et l’équitation.

«Oui, j’ai fait du sport de haut niveau parce que j’adorais mon sport, mais ça aussi créé des habitudes et je sentais un manque, l’an dernier, quand je m’entraînais un peu moins, a-t-elle raconté. Ça me fait tellement du bien d’aller au gym, même si c’est seulement 20 minutes. Plus je m’offre ces moments pour déconnecter, plus mes études sont meilleures. J’ai juste changé l’intensité et la longueur de mes entraînements au gym pour faire en sorte que ça cadre mieux dans mon horaire.»

Une chance à saisir

Justine Dufour-Lapointe, double médaillée olympique, se dit particulièrement touchée par la situation des adolescentes qui, trop souvent, en viennent à mettre le sport de côté.

«Je ne veux pas faire la morale à qui que ce soit, ce n’est pas mon but, mais si je peux inciter des filles à faire du sport, parce que pour moi ç’a changé ma vie positivement, je crois que je dois le faire», a-t-elle dit.

«C’est vrai qu’il y a beaucoup de filles qui ne sont pas actives et que certaines n’aimeront peut-être jamais faire du sport, mais il y a aussi des filles qui ne savent même pas si elles aiment ça, a ajouté Chloé. Pour certaines, c’est peut-être juste qu’elles n’ont jamais eu la chance d’en faire ou qu’elles ne savaient tout simplement pas par où commencer.»

L’organisation Fillactive, par le biais de partenariats avec différentes écoles, est un pas dans la bonne voie.

Une question de confiance en soi

Pour la présidente et fondatrice de Fillactive, Claudine Labelle, il va sans dire que les soeurs Dufour-Lapointe représentent de beaux modèles pour transmettre un message. Or, elle a aussi sa propre histoire pour influencer les jeunes filles.

«Je suis le modèle typique de Fillactive, c’est-à-dire que j’ai fait du sport de haut niveau jusqu’à l’âge de 13 ans, a indiqué la présidente, qui pratiquait le ski de fond durant son enfance. Quand je suis arrivée au secondaire, j’avais envie d’être avec mes amies, des amies qui ne faisaient pas de sports. Il y avait aussi mon corps qui changeait et je n’avais pas envie de m’exposer par rapport aux garçons.»

Vers la fin de l’école secondaire, celle-ci a retrouvé le sport, comme un point d’ancrage, estimant qu’elle a ensuite pu s’épanouir à nouveau.

«Ultimement, c’est dire que chaque fille qui a manqué le bateau a encore l’opportunité de se reprendre en main et d’avoir du plaisir à faire du sport, vient-elle noter. Avec Fillactive, on en profite pour exposer les adolescentes à toutes sortes d’activités physiques. Il n’y a pas juste la marche ou la course, il y a plein d’autres choses à essayer. De les amener dans une situation où elles peuvent se défier elles-mêmes, c’est excessivement important. Oui, Fillactive, c’est par rapport à la santé, à l’activité physique, mais c’est aussi beaucoup par rapport à la confiance en soi.»