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Retrouvé coincé dans un piège, un aigle à tête blanche se porte mieux

Jérémy Bernier | Journal de Montréal

Deux semaines après avoir retrouvé coincé dans un piège à coyote à Thetford Mines, un aigle à tête blanche se porte mieux. Il devrait être relâché dans la nature sous peu. 

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C’est Kaven Toutant qui a découvert l’oiseau et qui a fait appel à divers organismes pour qu’ils le prennent en charge. Depuis, l’animal est passé des locaux de SOS Miss Dolittle, à l’hôpital vétérinaire de l’Ormière, pour finir à l’Union québécoise de réhabilitation des oiseaux de proie (UQROP).

«On a effectué des tests de sang, car on soupçonnait une intoxication au plomb. C’est souvent le cas chez beaucoup d’oiseaux de proie. Et effectivement, ça s’est avéré», raconte le vétérinaire et président de l’UQROP, Guy Fitzgérald. 

Le pygargue à tête blanche, de son vrai nom, est considéré comme un charognard opportuniste. C’est-à-dire qu’il se nourrit d’animaux vivants, mais également de cadavres. C’est lorsqu’ils se nourrissent de chevreuils morts, par exemple, qu’ils se retrouvent intoxiqués au plomb en raison des projectiles des chasseurs qui explosent en minuscules particules.

«Ça n’en prend pas une énorme quantité dans l’organisme pour faire des dommages, il a été très chanceux.» 

Remise en liberté

Ainsi, l’oiseau doit prendre un antidote pour évacuer le métal et il a bénéficié de soins vétérinaires pour de légères blessures au cou. Une fracture à sa patte a également été décelée, mais celle-ci s’est produite avant les événements relatés et elle était déjà guérie lorsqu’il a été examiné.

«On l’enverra bientôt dans une grande volière pour qu’il puisse pratiquer son vol et pour voir comment il réagit aux soins. D’ici deux à trois semaines, il sera remis en liberté avec un émetteur pour qu’on puisse le retracer», explique M. Fitzgérald.

Des chasseurs collaborateurs

Loin de dénigrer l’industrie de la chasse et de la trappe, le vétérinaire assure que ceux qui pratiquent ces sports sont plutôt d’importants collaborateurs. C’est d’ailleurs en grande partie grâce à eux que plusieurs animaux peuvent être secourus chaque année.

«Ce sont eux qui nous apportent une bonne partie des animaux blessés. Je n’en connais pas qui se réjouissent lorsqu’il y a des bêtes qui se retrouvent dans des pièges qui ne leur sont pas destiné», soutient-il en saluant leur implication dans cette cause.