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Un grand chef encourage la consommation d’alcool

Agence France-Presse

Le chef français multiétoilé Alain Ducasse a présenté mardi une initiative pour inciter les clients à commander du vin à la bouteille et non au verre dans ses bistrots parisiens, pied de nez au Mois sans alcool qui gagne du terrain en France.

«J'aime bien les contre-courants», a déclaré à l'AFP M. Ducassse qui vient de lancer avec son sommelier Gérard Margeon un projet qui consiste à proposer à des prix «attractifs» des grands vins de Bourgogne, de la vallée du Rhône et de Bordeaux - de 100 euros pour un Corton 2015 à quelque 400 et au-delà pour des grands crus classés - dans les bistrots chics Benoît, Rech, Allard et Aux Lyonnais.

«Historiquement, l'appétence pour la notion ''qu'est-ce qu'on mange et qu'est-ce qu'on boit avec'' fait partie de l'ADN du client français», assure-t-il en soulignant que son projet vise à «décomplexer le consommateur» et «réinitier l'idée de la générosité et du partage» en l'invitant à commander du vin «à la bouteille et non pas au verre et de prendre le temps de le savourer».

«J'ai l'obsession de vendre du vin», déclare le chef star qui a des restaurants aux quatre coins du monde et s'avoue horrifié de voir des clients à New York à commander «du thé glacé» au déjeuner.

La France est d'ailleurs à son tour gagnée par cette tendance et de moins en moins de patrons commandent du vin lors de déjeuners d'affaires, poussant certaines grandes tables à élaborer des accords mets-thés.

«Je remarque cette tendance, mais je ne veux ni voir ni entendre, ni écouter cette tendance, je vais m'y opposer», conclut M. Ducasse.

Inspiré de «Dry january» (littéralement «Janvier sec») lancé en 2013 en Angleterre, le «Défi de janvier», porté par des associations, consiste à cesser ou au moins diminuer sa consommation d'alcool pendant le premier mois de l'année. L'initiative, dénoncée par les producteurs du vin, séduit de plus en plus de Français.

Selon les associations organisatrices, le projet, inédit en France, aurait initialement dû être porté par l'État. Mais elles l'accusent d'avoir renoncé mi-novembre après une rencontre entre Emmanuel Macron et les producteurs de champagne.