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Des cas troublants d'enfants maltraités racontés par un ex-intervenant

TVA Nouvelles

La priorité, c’est d’aller voir les enfants dans leur famille. Les intervenants de la Direction de protection de la jeunesse (DPJ) doivent se déplacer, les observer et tisser des liens avec eux. Paul Langevin ne le répètera jamais assez.    

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Psychologue et ancien intervenant à la DPJ, M. Langevin réagit au jugement d’un juge où l’on apprend que le frère cadet de la fillette martyre de Granby était maltraité.    

La DPJ était dans le dossier du garçonnet, mais son intervenante «n’a fait aucune visite au domicile familial» de l’enfant et «un autre intervenant n’y est allé qu’une seule fois en six mois» alors que le gamin y aurait subi des sévices physiques et psychologiques.    

Le parent peut dire n’importe quoi    

«Tu ne peux pas vérifier par téléphone si l’enfant est bien. Le père et la mère peuvent te dire n’importe quoi. La priorité, c’est d’aller voir l’enfant. Si tu développes un lien avec l’enfant, il va te dire la vérité», explique Paul Langevin.    

 

 

«L’enfant maltraité quand tu le rencontres les premières fois protège ses parents, même s’il se fait faire mal. Ses parents souvent l’ont drivé, lui ont dit: "Si tu parles, on va te faire mal". L’enfant est sur le stress. Quand tu le sors de son milieu, l’enfant s’aperçoit qu’il peut commencer à faire confiance (aux adultes), fait savoir M. Langevin.    

Les enfants qui ont trop peur ou qui sont incapables de verbaliser leurs souffrances physiques ou psychologiques, la traduiront dans leurs gestes, leurs comportements, de la l’importance de les observer chez leurs parents ou dans leur famille d’accueil.    

«Ça peut être aussi simple que l’enfant se couche par terre quand il a laissé la porte ouverte du frigo, car chez lui, quand il laissait la porte du frigo ouverte, il se faisait frapper», dit Paul Langevin.    

Le psychologue explique que la famille d’accueil à qui l’on a confié un enfant de la DPJ doit noter le comportement de l’enfant, s’il fait des crises ou non, observer ses réactions dans différentes circonstances.     

Rencontre de la famille    

Paul Langevin a en tête un dossier de la DPJ triste à tirer les larmes. «Je m’en souviens très bien, je me suis présenté dans une famille où tout allait très bien, mais quand le père est arrivé, le petit garçon a fait pipi par terre, j’ai vu qu’il y avait un problème. Juste la présence du père a tellement intimidé l’enfant, qu’il a uriné», se remémore-t-il.    

Les intervenants et les familles d’accueil se doivent d’être alertes à tous les comportements des enfants, «car certains ne parlent pas, mais quand on les observe, on réalise plein de choses», répète Paul Langevin.     

La Direction de la protection de la jeunesse dit manquer d’effectifs. «On avait les mêmes problèmes, il y a 20 ans, on était débordé. Il y a trop de paperasse», déplore l’ancien intervenant.     

Mais, débordés ou pas, les intervenants doivent visiter les enfants, adolescents et leur famille. Voilà le mot d’ordre de Paul Langevin.