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Enfant martyr: la DPJ ne veut pas montrer personne du doigt

TVA Nouvelles

Au lendemain d'un jugement accablant à l'endroit de la DPJ de l'Estrie pour son manquement à la protection de la fillette martyre et de son petit frère, qui est imputable? Cette question, la DPJ l’évite; elle ne cherche pas à trouver un coupable. 

«Est-ce qu’il y a deux coupables, trois coupables? Nous, on ne veut pas aller là», dit Stéphane Tremblay, pdg du CIUSSS de l’Estrie. 

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Une réponse qui suscite l’ire de Paul Langevin, un ancien employé de la DPJ.  

«La DPJ ne fait jamais d'erreur, vous remarquerez. Ils se font blâmer, là, mais c'est pas la première fois! Et ils vont dire: oui, oui, on en a pris note. Mais de quoi ils ont pris note? On le sait pas trop», fustige Paul Langevin, qui est aussi psychologue. 

Dans le jugement du Tribunal de la jeunesse, on apprend que l'intervenante qui s'occupait des enfants martyrs travaillait à temps partiel et que la tâche était colossale. Aucune visite n'a été réalisée à la résidence familiale pendant six mois. 

«La directrice, en prenant aucune mesure pour pallier les sérieuses restrictions partielles de travail de l’intervenante sociale, ne pouvait qu’anticiper ce résultat», peut-on lire dans le jugement du juge Mario Gervais. 

«Le tribunal entend exprimer sa réprobation [...] en émettant un blâme envers la Directrice qui en est imputable», poursuit le juge. 

«On ne peut pas demander nécessairement l'impossible aux gens comme tels, quand on n'est pas capable de mettre en place un soutien adéquat», se défend M. Tremblay. 

À Québec, le ministre Lionel Carmant qualifie le jugement de remarquable, un exemple parfait, dit-il. 

«C’est ce qu’on peut appeler l’exemple parfait qui nous démontre que le système a failli, dit son cabinet dans une déclaration écrite. Un ensemble d’événements, de décisions, de manque de communication qui a mené à une tragédie inacceptable et qui aurait dû être évité à tout prix.» 

Comment donc éviter un autre drame? La DPJ dit prendre des mesures envers ses employés. 

«C'est une cent cinquantaine de postes, actuellement, qu'on a tenté de stabiliser ou en croissance au sein de l'action jeunesse», explique le pdg du CIUSSS. 

Reste à savoir s’il pourrait maintenant y avoir de nouvelles accusations puisque le petit frère a lui aussi été victime de maltraitance. 

«Si on poursuit, donc, l'individu ou les individus, est-ce que ça risque d'affecter l'enfant, qui risque peut-être de devoir venir témoigner à la cour?» se questionne Me Jean-Guillaume Blanchette. 

Depuis le drame, le jeune garçon a été placé dans une famille d'accueil.

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