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«L’appartement» : des jeunes plus vrais que nature

Marie-Josée R. Roy | Agence QMI

COURTOISIE FELIX RENAUD

Thomas trime dur pour devenir humoriste, Shadlyne rêve d’embrasser un garçon pour la première fois et Pierre-Alexandre amorce son changement de sexe. Sont-ils les personnages d’un nouveau film d’ados? Non, plutôt les locataires qui peuplent «L’appartement» de Club illico, et dont le quotidien est aussi captivant qu’un long métrage. Sortez le popcorn!

«L’appartement» n’est pas une téléréalité. Ce n’est pas une fiction non plus. Le concept se situe quelque part entre les deux : c’est une série-réalité, pour laquelle quelque 200 «vrais» jeunes (pas des comédiens) de 18 à 25 ans ont auditionné l’été dernier.

On a écarté d’emblée les fêtards aux pectoraux proéminents qui auraient mieux convenu à «Occupation double» et autres influenceurs assoiffés de célébrité, pour en privilégier cinq, plus humbles, candides ou rêveurs, qui caressent un objectif personnel ou professionnel.

On les a installés dans un appartement à proximité du centre-ville de Montréal et on leur a flanqué une caméra sous le nez trois jours par semaine pour les suivre dans leur quotidien et rendre compte de leurs démarches pour réussir leur projet: séance photo de casting, participation à une soirée de type «open mic», etc.

On a épié leurs conversations, leurs mésententes, leurs confidences, leurs expériences. Et on a assemblé les scènes de leur train-train de tous les jours en épisodes de 30 minutes, avec musique de fond, dont l’attrait des «intrigues» n’a rien à envier aux péripéties des personnages du «Chalet», de «L’Académie» ou, pourquoi pas, de «Chambres en ville» autrefois.

Le résultat, une première tranche de 10 épisodes de «L’appartement», filmés à l’automne, est disponible sur Club illico à compter de jeudi. Une suite, présentement en tournage, impliquant les mêmes visages, sera en ligne au printemps prochain.

Nos colocataires vivront un an sous leur toit temporaire, où certaines dépenses sont prises en charge par la production, mais où ils doivent néanmoins se débrouiller par eux-mêmes.

Fascinés par Montréal

Outre leur envie de relever des défis, Thomas (20 ans, futur humoriste), Pierre-Alexandre (19 ans, jeune homme trans en processus de transition), Sarah-Maude (22 ans, passionnée de mode qui aspire à devenir mannequin), Loïc (19 ans, entrepreneur en production vidéo qui souhaite faire grandir sa compagnie) et Shadlyne (19 ans, ainée d’un clan de 10 enfants, qui souhaite s’émanciper du cocon familial, travailler en cinéma ou en télévision et se faire un premier copain) ont en commun d’avoir grandi loin du mont Royal et des stations de métro. Ils viennent d’Edmundston au Nouveau-Brunswick, de Lévis, de Magog, de Granby et de Saint-Jean-sur-Richelieu.

Ils partagent la même naïveté dans leur découverte de la métropole. «C’est géant», s’exclamera Thomas, époustouflé, en arpentant le Marché Jean-Talon. «Le soir, à Granby, y’a du monde, mais ici, c’est, comme, fois dix», analysera à son tour Loïc.

Fiction et réalité

Montée et découpée comme une série jeunesse, «L’appartement» s’inscrit dans une vague de séries-réalités actuellement populaire en télévision partout dans le monde, représentée notamment par «Dating Around», sur Netflix, et «Siesta Key», à MTV.

L’inévitable question de la frontière entre la réalité et la portion «mise en scène» de «L’appartement» surgira au visionnement de l’émission ; après tout, il fallait bien que les «histoires» de nos cinq mousquetaires progressent.

Or, de l’avis de Simon Sachel, concepteur, scénariste et réalisateur de «L’appartement», quand caméra il y a, planification il y a également, et le sujet devient un «faux débat».

«Tout est vrai et tout est faux. C’est raconté et présenté comme une fiction; on a l’impression de regarder une fiction, et c’est voulu. Pour moi, c’est le "next step" de la docuréalité et de la téléréalité. Ce n’est pas un concours de popularité, il n’y a pas de prix ni d’élimination. C’est du vrai monde qui vit de vraies affaires, mais nos caméras sont placées en conséquence, et on sait à l’avance, non pas ce qui va se dire, mais ce qui va arriver. Narrativement, on décide de suivre un élément plutôt qu’un autre», a résumé Simon Sachel, qui est passé maître dans le genre après avoir orchestré des formats comme «Occupation double», «Barmaids» et «Un zoo pas comme les autres».

«L’appartement» est en ligne sur Club illico à compter de ce jeudi, 16 janvier.

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