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Logement à Montréal: «l'heure est à l'urgence»

Guillaume Cyr | Agence QMI

Les locataires à la recherche d’appartements doivent se préparer à travailler fort: le taux d’inoccupation des logements locatifs dans la grande région de Montréal a chuté une fois de plus pour atteindre 1,5 % en 2019, son plus bas niveau en 15 ans.

La mairesse de Montréal, Valérie Plante, n’a pas hésité à dire mercredi que «l’heure est à l’urgence» après avoir pris connaissance des plus récentes données de la Société canadienne d’hypothèques et de logement (SCHL).

Plusieurs quartiers montréalais affichent des taux d’inoccupation particulièrement anémiques, par exemple le Sud-Ouest/Verdun (0,3 %), LaSalle (0,6 %) ou encore Villeray/Saint-Michel/Parc-Extension (1 %). La situation n’est pas meilleure en banlieue, où le taux d’inoccupation se chiffre à 1,2 %.

  

Les logements de trois chambres à coucher et plus sont particulièrement rares; seulement 0,7 % d’entre eux ne sont pas occupés à Montréal.

Des taux aussi bas font en sorte qu'il est difficile pour les locataires de trouver des logements et que les prix augmentent.

«Les logements neufs étant hors de prix et ne pouvant trouver un logement qu’ils soient capables de payer, des gens vont être forcés de quitter leurs communautés, de s’éloigner des services, voire de changer leurs enfants d’école. D’autres n’auront pas d’autres options que de louer des logements trop petits pour leur famille ou en mauvais état», a déploré Véronique Laflamme, porte-parole du Front d’action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU).

Selon les dernières données de la SCHL, le loyer moyen d'un quatre et demi actuellement à louer tourne autour de 1080 $ dans la métropole, et dépasse donc d’environ 25 % le coût des unités déjà occupées.  

Vigilance

En cette période de renouvèlement de baux, le FRAPRU recommande aux locataires de rester vigilants et de contacter le comité logement de leur secteur avant d’accepter des hausses de loyer importantes, ou en cas de reprise de logement ou d’éviction.

L’organisme interpelle également Québec, lui demandant de protéger le parc de logements locatifs abordables, ainsi que les locataires contre les reprises de logements et évictions. 

De l'aide      

Lors de la réunion du comité exécutif mercredi matin, la mairesse Plante a lancé un appel à Québec et à Ottawa.      

«Tout doit être déployé à même la Ville de Montréal, mais bien sûr et surtout, pour être bien honnête, au niveau des deux paliers supérieurs pour nous aider à loger tout le monde et ça passe par des sources de financement», a-t-elle déclaré.      

 

 

Rappelant qu’en habitation, les ressources financières proviennent surtout du gouvernement provincial et fédéral, la mairesse a de nouveau pressé Québec et Ottawa à conclure une entente en matière de logement social.

Avec Elsa Iskander