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Ottawa doit limiter la croissance des dépenses

Agence QMI

Le gouvernement libéral de Justin Trudeau doit changer sa stratégie budgétaire et impérativement limiter la croissance des dépenses de programme au seuil de l'inflation pour éviter de mauvaises surprises. 

C’est ce que recommande une étude dévoilée mercredi par le Centre sur la productivité et la prospérité - Fondation Walter J. Somers de HEC Montréal. 

Si les auteurs de l’étude sont d’avis que, jusqu’ici, Ottawa a «remporté son pari en cumulant des déficits budgétaires pour stimuler la croissance de l'économie canadienne», ils pensent toutefois qu’il est temps de redresser la barre, invoquant l'équité intergénérationnelle. 

«Selon les prévisions actuelles du gouvernement fédéral, environ 84,7 milliards $ devraient s'ajouter à la dette publique fédérale au cours des quatre prochaines années en raison des déficits planifiés, a expliqué Robert Gagné, directeur du CPP et coauteur de l'étude. Si cette volonté se concrétise, la stratégie fédérale aura donc ajouté plus de 140 milliards $ à la dette publique fédérale pour financer une croissance économique de court terme.» 

M. Gagné croit toutefois que cette dette perdura à long terme, et ses conséquences sur le plan de l'équité entre les «générations de contribuables pourraient s'avérer considérables». 

Optimistes, les auteurs pensent qu’il est possible de mettre en place rapidement un plan de retour à l'équilibre budgétaire, lequel pourrait vraisemblablement être atteint à la fin du présent mandat, et ce, «en limitant simplement la croissance des dépenses de programme au seuil de l'inflation». 

En outre, ils estiment que le Parlement devrait aussi réactiver la loi fédérale sur l'équilibre budgétaire instaurée en 2015 et abrogée un an plus tard par le nouveau gouvernement. 

«En limitant le recours aux déficits budgétaires aux périodes de turbulences économiques, le Parlement évitera ainsi qu'un gouvernement de passage ne contamine les finances publiques des prochaines générations de contribuables», ajoutent les auteurs Jonathan Deslauriers, Robert Gagné et Jonathan Paré.