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Sussex Royal, futur gin montréalais

Philippe Orfali | Journal de Montréal ̧

Flairant l’opportunité d’affaires, deux frères issus d’une famille de distillateurs de Montréal viennent d’enregistrer la marque de commerce « Sussex Royal », un nom utilisé par le prince Harry et son épouse Meghan.  

« Sussex Royal », c’est le surnom employé par le duc et la duchesse de Sussex sur les réseaux sociaux depuis leur mariage princier.   

Le couple a d’ailleurs enregistré ce nom au Royaume-Uni à l’été. Il a aussi fait une demande semblable auprès de l’Organisation mondiale de la propriété intellectuelle, le 12 janvier, quelques jours seulement après avoir annoncé son désir de vivre de façon plus indépendante de la famille royale et de s’établir au Canada.  

Engouement  

Le jour même, le Montréalais Alexander Mikus, 22 ans, et son frère Matthew, 19 ans, ont soumis une demande semblable à l’Office de la propriété intellectuelle du Canada. Ils veulent produire d’ici quelques mois un gin Sussex Royal.  

« Il y a vraiment un engouement pour [le couple royal] et on pensait que ça avait du potentiel, que c’était un nom évocateur pour un produit comme le gin », résume Alexander, en entrevue.   

« Ce n’est pas pour faire des souvenirs ou casquettes à leur effigie. »  

Le jeune homme dit être épaulé par ses parents, Maureen David et Andrew Mikus, propriétaires de la distillerie 1769 dans l’arrondissement de Verdun.   

Prendre les devants  

« On exporte des produits comme le gin partout au Canada, alors on pense que c’est un nom qui va bien marcher. Tôt ou tard, quelqu’un aurait mis la main sur ce nom, alors on a décidé de prendre les devants », explique Andrew Mikus.   

Voilà longtemps que des termes monarchiques affublent divers types d’alcool. On n’a qu’à penser au whisky canadien Crown Royal, longtemps produit par la Montréalaise Seagram.   

Mais pour l’expert en propriété intellectuelle Pierre-Emmanuel Moyse, les deux frères risquent de trouver la famille royale sur leur chemin.  

« Il existe un mécanisme pour permettre aux tiers de s’opposer à l’enregistrement. La marque produite est examinée par le registraire et si elle est acceptée, elle sera publiée au Journal officiel des marques de commerce. Cette publication ouvre une période pendant laquelle les tiers peuvent s’opposer. Il y a fort à parier qu’il y aura opposition ! » note le directeur du Centre des politiques en propriété intellectuelle de l’Université McGill.  

De plus, la Loi sur les marques de commerce interdit l’adoption d’une marque « qui risquerait d’induire en erreur les consommateurs concernant les intentions de Sa Majesté », ajoute l’expert.