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Bombardier remet en question sa participation au programme A220

Agence QMI et TVA Nouvelles

Bombardier a annoncé jeudi qu’elle n’atteindra pas les cibles prévues pour le quatrième trimestre et qu’elle réévalue sa participation dans le programme Airbus A220 (anciennement C Series). 

Ces prévisions ont fait chuter le cours de l'action de l'entreprise à la Bourse de Toronto. Jeudi vers midi, l'action avait plongé d'environ 30 %. 

Bombardier a mentionné que des capitaux additionnels sont nécessaires pour augmenter la cadence de production des avions Airbus A220, que le seuil de rentabilité arrivera plus tard qu’anticipé et que les rendements risquent d’être moins élevés que prévu. 

Confronté à un choix, Bombardier questionne sa participation au programme des Airbus A220. «Étant donné notre situation financière, notre dettes et nos priorités, est-ce qu’on préfère mettre notre argent là [ou ailleurs]?», demande Olivier Marcil, vice-président de Bombardier.  

Spécialiste en gouvernance, Michel Nadeau considère qu’une telle décision ne serait pas entièrement négative. «Le gouvernement du Québec et Bombardier ne seront peut-être plus actionnaires, ça sera peut-être une filiale à 100% d’Airbus. Mais au moins 2700 emplois à Mirabel auront été créés.» 

Bombardier a aussi mentionné que ses résultats inférieurs aux attentes au quatrième trimestre sont surtout dus à des mesures prises pour redresser certains projets ferroviaires en Europe. Une charge de 350 millions $ a été enregistrée concernant «certains projets au Royaume-Uni (la plateforme AVENTRA), aux négociations avec les Chemins de fer fédéraux (CFF) suisses et à des coûts de production et de fabrication accrus en Allemagne». 

Néanmoins, l’entreprise soutient que ses liquidités «demeurent solides avec une trésorerie d’environ 2,6 milliards $ à la fin de l’exercice». La vente du programme CRJ Mitsubishi Heavy Industries et des activités liées à Spirit AeroSystems Holding lui permettront de mettre 1,1 milliard $ dans ses coffres. Cet argent pourrait servir à réduire son endettement. 

«Depuis que nous avons lancé notre plan de redressement, nous avons réglé la question de nos actifs aéronautiques non performants, achevé notre cycle d’investissements massifs et placé l’entreprise sur une solide trajectoire de croissance interne et de marges accrues, tout en gérant avec prudence nos liquidités et notre lourd fardeau d’endettement, a déclaré Alain Bellemare, président et chef de la direction, Bombardier. La phase finale de notre plan de redressement est de réduire l’endettement et de régler notre problème de structure de capital.» 

Bombardier doit présenter ses résultats financiers pour le quatrième trimestre et pour l’exercice 2019 le 13 février prochain. 

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