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Le «pire délinquant sexuel» sera rejugé

Agence France-Presse

Statue of justice (focus on face)

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L'accusation a fait appel de la condamnation d'un étudiant indonésien décrit par le parquet comme le «pire délinquant sexuel de l'histoire du Royaume-Uni», qui risquera ainsi une aggravation de sa peine à la perpétuité réelle, a annoncé jeudi le procureur général. 

Reynard Sinaga, 36 ans, a été condamné le 6 janvier à la réclusion à perpétuité, assortie d'une période de sûreté de 30 ans. Il a été jugé coupable de viols, tentatives de viols et agressions sexuelles sur 48 hommes entre 2015 et 2017 par un tribunal de Manchester, dans le nord-ouest de l'Angleterre. 

Mais la police a estimé le nombre de ses victimes, dont il filmait le calvaire sur son téléphone, à près de 200. 70 n'ont pas été identifiées, mais la police a lancé un appel pour les identifier qui, selon elle, «fonctionne bien». 

«Après examen attentif» du dossier, «j'ai décidé de porter l'affaire devant la cour d'appel», a annoncé jeudi dans un communiqué le procureur général Geoffrey Cox. 

L'accusé risquera ainsi la perpétuité réelle, une peine réservée aux meurtres les plus graves. 

Son avocat Richard Littler a souligné que la perpétuité réelle n'avait pas été réclamée contre son client en première instance et qu'une telle peine n'a jamais été prononcée dans une affaire qui n'est pas un homicide. 

L'étudiant en géographie abordait ses victimes, des jeunes hommes ivres, à la sortie de boîtes de nuit dans le centre de Manchester. Il les attirait chez lui en leur proposant de les héberger ou de prendre un verre et leur donnait des sédatifs, «probablement du GHB» selon le parquet britannique, avant de les violer lorsqu'ils étaient inconscients. 

Il a été dénoncé par l'une de ses victimes, un homme de 18 ans qui a repris connaissance en plein viol et a réussi à s'enfuir en emportant le téléphone portable de son agresseur. 

Lors de leurs investigations, les forces de l'ordre ont retrouvé des images de ses actes équivalents à 250 DVD, montrant des viols durant dans un cas huit heures. Ces images ont permis aux enquêteurs de confondre Reynhard Sinaga, qui affirmait qu'il s'agissait de relations consenties. 

Il gardait des objets appartenant à ses victimes comme «trophées» et «a semblé prendre du plaisir en revoyant ses vidéos au tribunal», avait souligné le parquet, le qualifiant de «le pire délinquant sexuel connu de l'histoire» du Royaume-Uni.