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Les Algonquins du lac Barrière poursuivent le gouvernement du Québec

Agence QMI

La communauté algonquine du lac Barrière en Outaouais a annoncé jeudi qu’elle poursuivait le gouvernement du Québec parce qu’elle n’est pas consultée pour des projets miniers situés sur son territoire traditionnel.

La nation Mitchikanibikok Inik affirme que la Loi sur les mines du Québec est inconstitutionnelle, car l’obligation de consulter les Premières Nations ne serait pas respectée. Ces autochtones veulent que l’octroi de titres miniers (des «claims») sur son territoire se fasse seulement après des consultations.

«Le gouvernement du Québec manque à son obligation constitutionnelle de consulter notre communauté à propos de projets miniers sur notre territoire ancestral en se basant sur une loi dépassée. Il faut que cela change», a déclaré le chef Casey Ratt, par communiqué.

«Notre territoire comprend plusieurs sites importants d'un point de vue écologique et culturel et qui sont essentiels pour assurer notre survie. Nous ferons tout en notre pouvoir pour le protéger des projets miniers risqués», a-t-il ajouté.

Même si l’enregistrement de titres miniers n’est souvent qu’une étape préliminaire à de l’exploration sur le terrain, ces Algonquins remettent en cause le principe du «libre accès» qui permet à des individus ou à des entreprises de réserver certaines zones sans informer, consulter ou obtenir l’autorisation des nations autochtones concernées.

«C’est une onde de choc pour tous ceux qui suivent de près l’actualité minière. La décision du tribunal aura des conséquences majeures pour l’industrie et pour l’ensemble des Nations autochtones au Québec, voire au Canada», a mentionné Ugo Lapointe, coporte-parole de la Coalition Québec meilleure mine et coordonnateur à MiningWatch Canada, par communiqué, à propos de cette poursuite.

Il soutient que de nombreuses municipalités québécoises réclament depuis longtemps que les pouvoirs locaux aient priorité sur la Loi sur les mines.

Des groupes comme Sept-Îles sans uranium ont appuyé cette poursuite contre l’État québécois.

«Ce n’était qu’une question de temps avant qu’une nation autochtone conteste la loi. Cela fait des années que diverses communautés autochtones demandaient à Québec d’ajuster la loi. Québec a traîné de la patte dans ce dossier et il récolte aujourd’hui le fruit de son inaction», a affirmé le représentant de cet organisme, Marc Fafard.

La poursuite a été déposée en fin de journée mercredi en Cour supérieure du Québec à Montréal.