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Pas de «caps d’acier» pour les employés de Sergakis

Antoine Lacroix | Le Journal de Montréal

Les employés de cuisine des restaurants de l’homme d’affaires Peter Sergakis n’auront pas à porter de « caps d’acier » à cause des risques de blessures avec les couteaux, grâce à une entente avec la CNESST.    

« C’est une grande victoire pour les tenanciers et les restaurateurs. C’était quelque chose qui stressait beaucoup les gens du milieu. C’est vraiment le gros bon sens qui a gagné », s’est réjoui M. Sergakis, à la tête d’un empire d’une quarantaine de restaurants et de bars.   

En octobre dernier, il dénonçait avec véhémence dans Le Journal une décision d’un inspecteur de la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST) qui a imposé à la Brasserie Le Manoir, dans le quartier montréalais Notre-Dame-de-Grâce, le port de souliers de protection pour les employés qui manipulent des couteaux.    

Craignant que cette obligation s’étende à ses autres établissements, il estimait alors que le risque de blessure à un pied en cuisine est « pratiquement inexistant », lui qui cumule près de 60 ans d’expérience dans la restauration et qui n’en avait jamais vu dans sa carrière.    

Compliquer la vie   

L’homme d’affaires entrevoyait que la réglementation allait rapidement devenir « ingérable », alors que ça aurait entraîné la création « de stocks de caps d’acier », en plus d’importantes dépenses.    

« Ça aurait vraiment compliqué la vie des gens en restauration parce que ça aurait été pas mal de gestion inutile. Ça aurait créé beaucoup de problèmes. Heureusement, ils ont réalisé que ce n’était pas quelque chose de nécessaire », a indiqué Peter Sergakis, soulignant la bonne collaboration de la CNESST dans le dossier.   

En effet, dans une décision du 20 décembre dernier du Tribunal administratif du travail, on apprend que les deux parties impliquées en sont venues à une entente sur l’obligation du port de « caps d’acier ».   

« Les parties reconnaissent que la situation constatée par l’inspecteur ne permet pas de conclure que les travailleurs étaient exposés à se blesser les pieds à la suite de la chute d’objets tranchants », peut-on lire.    

Bonne nouvelle   

Pour l’homme d’affaires, il s’agit là d’une « bonne nouvelle pour les tenanciers de bar et les restaurateurs » de la province, alors qu’il croit que la décision aura un « impact positif pour tous les acteurs du milieu ».    

« Si le règlement avait été maintenu, ça aurait pu s’appliquer à la grandeur du Québec. Là, on ne devrait plus voir ça », a souligné Peter Sergakis.    

Contactée mercredi, la CNESST n’a pas été en mesure d’offrir de réaction à cette entente ni de préciser si cette obligation du port de souliers de protection pourrait être imposée de nouveau à l’avenir dans d’autres établissements du Québec.   

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