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Sans logis à un mois de son accouchement

Dominique Scali | Journal de Montréal

Frappé de plein fouet par la crise du logement, un couple qui s’apprête à avoir un enfant n’a toujours pas trouvé où loger après des mois de recherche, et continue de vivre à trois personnes dans un appartement d’une pièce.« C’est comme épuisant de se faire refuser tout le temps », soupire Meagan Grimard Leblanc, 20 ans.    

Enceinte de 35 semaines, la Montréalaise devrait accoucher fin février. Le stress commence donc à augmenter pour elle et son copain, qui n’ont pas encore trouvé d’appartement.     

En attendant, ils vivent tous deux chez sa mère dans un logement d’une pièce et demie, dans le quartier Hochelaga-Maisonneuve.      

Dans l’unique chambre de l’appartement, qui sert aussi de cuisine et de salon, un matelas a été installé au pied d’un grand lit pour pouvoir coucher trois personnes. Il ne reste visiblement aucun espace pour un lit de bébé.     

« C’est naturel », explique Nathalie Grimard, à propos de sa décision d’héberger sa fille et son gendre, malgré l’exiguïté des lieux. Mais elle avoue que la cohabitation est un défi.     

Pas question de laisser traîner sa vaisselle. Et quand l’un d’entre eux veut se coucher, il faut savoir le dire avec politesse, illustre Mme Grimard. Reste que l’idée d’accueillir un nouveau-né dans ce confinement est impensable.     

« Il faut qu’ils trouvent, sinon c’est moi qui vais sauter », souligne-t-elle.     

Discrimination    

Depuis quatre mois, le couple visite des logements un peu partout à Montréal, que ce soit dans les quartiers Rosemont ou Tétreaultville.      

Ils cherchent un endroit qui leur coûtera dans les 700 $. « À date, ça mène à néant », résume Gabriel Franche.     

« Les propriétaires nous refusent parce qu’on est sur l’aide sociale », explique Meagan Grimard Leblanc. Pourtant, cela ne les empêche pas d’être des payeurs assidus, assure-t-elle.      

« Il y en a même un qui a refusé parce que j’étais enceinte », ajoute-t-elle.     

« Je trouve que c’est de la discrimination. Je pourrais porter plainte à la Régie, mais ce serait une perte de temps », estime la jeune femme.     

Pour ce qui est des habitations à loyer modique (HLM), elle s’est inscrite sur la liste d’attente.     

« Tout ce stress, c’est lourd à porter », avoue Mme Grimard Leblanc     

« La prochaine étape, c’est de contacter notre député », dit M. Franche.      

« Ce qu’on espère, c’est trouver [un propriétaire] qui a du cœur et qui accepte de nous faire confiance ». Parce que « le petit, il s’en vient vite », rappelle-t-il.