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Sentence de Bryan Poirier : des délais insoutenables pour la victime

Kate Tremblay | TVA Nouvelles

À Saguenay, la famille d'une victime de violence conjugale qui a failli mourir étranglée par son ex-conjoint en juillet 2018, en a assez de la lenteur du système judiciaire.

Les représentations sur sentence de Bryan Poirier ont été reportées à quatre reprises depuis qu'il a admis sa culpabilité en avril 2019.

La soeur de sa victime a accepté de se confier à TVA Nouvelles pour témoigner des conséquences que ces multiples délais ont sur leur vie, mais surtout, sur celle de sa soeur qui a le sentiment d'être prisonnière du système.

«On a l'impression que ça ne finira jamais, a-t-elle affirmé, après avoir appris que la procédure était reportée une fois de plus. Ça devient pesant autant pour ma soeur que pour toute ma famille.»

Sa soeur a partagé sa vie avec Bryan Poirier pendant près de 20 ans jusqu'à ce qu'il lui fasse vivre l'enfer un soir de juillet 2018 parce qu'elle avait choisi de le quitter.

«Il a plaidé coupable à une voie de fait grave, mais dans la trame factuelle, on parlait de tentative de meurtre au départ», a expliqué la procureure de la poursuite, Me Marianne Girard.

Même si Poirier a admis en avril 2019 avoir étranglé et battu son ex-conjointe, il est toujours en liberté, en attente de sa sentence.

«On le voit se promener. On le voit en liberté et on se demande où est la logique, s'interroge la soeur. Oui il a des droits, mais je pense que nous autres aussi ont en a et on mérite de finir par vivre tranquille.»

Les représentations sur sentence de Bryan Poirier ont été reportées à quatre reprises.

D'abord parce que son avocat l'a laissé tombé l'automne dernier, puis, parce qu'il a évalué la possibilité de retirer son plaidoyer de culpabilité.

«On a l'impression qu'il joue avec le système, qu'il fait tout pour étirer le temps», a souligné la soeur de la victime.

La poursuite a l'intention de réclamer quatre ans de pénitencier pour le quinquagénaire qui a mandaté un autre avocat ce jeudi pour le représenter.

Les représentations sur sentence de Bryan Poirier ont été fixées au 8 avril. La famille de la victime espère que cette fois-là sera enfin la bonne parce qu'en attendant la victime vit avec la peur de croiser son agresseur et qu'il s'en prenne à nouveau à elle.