/news/law

Un lanceur d’alerte victime d’intimidation

Michael Nguyen - Le Journal de Montréal

Real Judges Or Auctioneer Gavel On The Black Wooden Table

Alex - stock.adobe.com

Déjà accusé au criminel de détournements de fonds, l’ex-directeur général de l’École des métiers de la construction est maintenant visé par une poursuite civile de 815 000 $ du lanceur d’alerte qui l’a dénoncé et qui se dit victime de harcèlement. 

« En raison des dénonciations et de son rôle de lanceur d’alerte dans l’organisation, le demandeur Christian Girard a été pris pour cible par de hauts responsables », peut-on lire dans une poursuite civile rendue publique jeudi au palais de justice de Montréal. 

M. Girard, un entrepreneur et enseignant dans le domaine de la construction réclame ainsi 815 000 $ à l’École des métiers de la construction de Montréal (EMCM), l’ancien directeur général Alain Prud’homme et d’autres responsables. 

C’est qu’entre 2014 et 2017, alors qu’il œuvrait comme consultant pour l’EMCM, M. Girard aurait découvert des stratagèmes de détournement de fonds publics. Le lanceur d’alerte avait prévenu l’UPAC. 

Au terme de son enquête, le corps policier avait arrêté quatre personnes, dont l’ancien directeur général de l’EMCM, Alain Prud’homme. Il est entre autres accusé de fraude envers le gouvernement et d’abus de confiance.  

Cave de Batman 

Selon ce qui avait été révélé à l’époque, Prud’homme aurait utilisé l’argent pour construire à son domicile une « Batcave », comme le célèbre superhéros américain Batman. 

Son enquête préliminaire est prévue pour février. 

Sauf que le lanceur d’alerte aurait payé cher sa dénonciation, puisqu’il aurait par la suite été victime d’intimidation.  

Il cite en exemple l’isolement social, des commentaires méprisants, du dénigrement, de l’intimidation verbale et physique et même du vandalisme sur son véhicule. 

« Il a dénoncé cette situation [...] à Alain Prud’homme ainsi qu’à des membres de la direction de l’EMCM qui n’ont pas agi », déplore-t-il en disant que ce dénigrement l’empêche de se retrouver du travail dans son domaine. 

Il ajoute avoir souffert de dépression, ce qui l’a forcé à tomber en arrêt de travail. 

À moins d’un règlement à l’amiable, la requête sera présentée à un juge dans les prochaines semaines. L’EMCM n’a pas rappelé Le Journal.