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Absolution conditionnelle pour un voyeur

Kathleen Frenette | Journal de Québec

Statue of justice

sebra - stock.adobe.com

Un actuaire de 42 ans trouvé coupable de voyeurisme et de distribution de matériel pornographique sans consentement a reçu, vendredi, une absolution conditionnelle assortie de 240 heures de travaux communautaires.

En 2011, au début de sa relation amoureuse avec la mère de ses enfants, l’homme que l’on ne peut nommer pour protéger l’identité de la victime a pris des photos de sa conjointe nue alors qu’elle était consentante.

Après la naissance des enfants, le couple s’est toutefois «mis à battre de l’aile» et, comme mentionné dans la décision écrite du juge Mario Tremblay, la victime a eu «de moins en moins d’intérêt sexuel pour l’accusé».

Ce dernier, «un voyeur qui fréquente des sites internet» où il peut s’adonner à son vice, publie alors, sur Internet, dans le cadre d’un geste « de dépit et de frustration», cinq photos de sa femme accompagnées de commentaires. Photos qui sont demeurées pendant 473 jours sur le site et qui ont été vues « entre 247 et 601» fois.

En novembre 2016, l’homme a également transmis à un ami une photo extraite d’une vidéo qu’il avait faite à l’insu de sa conjointe alors que celle-ci prenait sa douche.

À titre de facteur aggravant, le président du Tribunal a retenu «le bris de confiance dans le cadre d’une relation avec un partenaire intime» et «les conséquences psychologiques du crime pour la victime».

Toutefois, il a rappelé que l’emprisonnement n’était pas nécessaire pour « satisfaire aux critères de dissuasion spécifique, de prise de conscience et de réparation du tort causé à la victime», et s’est rangé aux arguments de l’avocat de la défense, Me Maxime Roy.  

«Narcissique et égocentrique»

«Les différents rapports décrivent l’accusé comme étant un être narcissique et égocentrique», a noté le magistrat, «et le Tribunal espère que la réalisation de nombreuses heures de service communautaire soit de nature à développer chez lui, plus d’empathie et de sensibilité».

En plus des travaux communautaires, l’accusé devra faire un don de 1000$ aux Centres d'aide aux victimes d'actes criminels. Il devra également respecter une période de probation pour une durée de deux ans et suivre toute thérapie qui sera jugée nécessaire.