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Bombardier: les firmes de notation de crédit réagissent

Michel Bellemare | Agence QMI

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Dominick Gravel/Agence QMI

Les firmes de notation de crédit Standard & Poor’s et Moody’s ont révisé à la baisse leurs perspectives pour Bombardier après que la compagnie eut annoncé jeudi qu’elle n’atteindra pas ses cibles de résultats pour le quatrième trimestre et l’exercice 2019.

Il s’agit d’une autre tuile - après la chute drastique de son action - qui s’abat sur la compagnie depuis son annonce.

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«Nous sommes moins convaincus que la société peut générer des flux de trésorerie d'exploitation annuels positifs au cours des deux prochaines années, suffisants pour réduire de manière significative son endettement très élevé et gérer ses risques de refinancement», a indiqué Standard & Poor’s, vendredi, pour expliquer qu’elle avait révisé ses perspectives sur Bombardier de stables à négatives.

La firme a par ailleurs confirmé ses notes sur la société, «y compris la cote de crédit de l'émetteur "B-"».

Standard & Poor’s a ajouté dans son avis qu’il existe un potentiel de révision à la baisse «si, au cours des 12 prochains mois, nous ne prévoyons pas que Bombardier réduise de manière significative son risque de refinancement et son effet de levier potentiel [...]».

La firme a aussi souligné qu’elle pourrait rétablir à stables ses perspectives sur Bombardier si, notamment, l’entreprise améliorait ses résultats d’exploitation et la croissance des bénéfices attribués à ses ventes d’avions d’affaires.

Moody’s a aussi fait passer ses perspectives sur Bombardier de stables à négatives.

Moody’s a toutefois souligné des éléments à la faveur de Bombardier, soulignant qu’elle bénéficie notamment d'une bonne liquidité pour la prochaine année, de bonnes positions sur le marché dans ses deux secteurs d'activité restants, et d'un carnet de commandes existant de 36 milliards $ US dans ses activités de transport et de 14 milliards $ US du côté de ses avions d'affaires.

Jeudi, en publiant des résultats préliminaires pour son quatrième trimestre et l’exercice 2019, Bombardier a indiqué que ses revenus pour l’année seront de 4 % inférieurs à ses prévisions précédentes, alors que ses bénéfices d’exploitation seront de 33 % moins importants que prévu. En outre, Bombardier a informé les marchés que ses «flux de trésorerie disponibles, sur base consolidée, pour le quatrième trimestre sont estimés à environ 1,0 milliard $, soit environ 650 millions $ moins élevés que prévu».

La compagnie, qui cumule une dette de plus de 9 milliards $ US et qui a mentionné qu’elle était à la recherche de capitaux additionnels, a également indiqué qu’elle réévaluait sa participation en cours dans la Société en commandite Airbus Canada (SCAC) formée dans la foulée de la cession de son programme de la C Series à Airbus en 2018.

Jeudi, après cette série de nouvelles de la part de Bombardier, l’action de l’entreprise a terminé la journée à la Bourse de Toronto en baisse de près de 32 %. Vendredi, à la fermeture, elle affichait encore une baisse, soit de 8,2 % par rapport à son niveau d’ouverture.

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