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Enjeux sociaux : Pierre Poilievre dit avoir «appris»

Alexandre Faille | TVA Nouvelles

De passage au Québec pour récolter des appuis en vue d’une éventuelle candidature à la direction du Parti conservateur, Pierre Poilievre s’est posé en défenseur des libertés financières et individuelles, vendredi, en entrevue avec Mario Dumont.      

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Visiblement motivé à tout de suite écarter les controverses dans lesquelles son ancien chef Andrew Scheer a été plongé au cours de la dernière campagne électorale, Pierre Poilievre a assuré qu’il défendrait le droit à l’avortement et qu’il voyait du «positif» dans le mariage gai, même s’il a voté contre le projet de loi fédéral en 2005.      

«Ma priorité, c’est la liberté. Il y a les libertés financières, mais il y a aussi les libertés personnelles, dont celle des gens gais ou hétérosexuels de se marier. [...] Il y a 15 ans, j’ai voté contre, mais j’ai beaucoup appris, comme des millions de Canadiens. Le mariage gai est positif», dit-il.    

Parlant de libertés, le député de Carleton, en Ontario, a affirmé qu’il respecterait le droit de la nation québécoise de légiférer, notamment sur la question de la loi 21. M. Poilievre a toutefois clairement indiqué qu’il n’adopterait jamais une telle loi au niveau fédéral.      

«Je ne pense pas que les gouvernements doivent dire quoi porter», a-t-il tranché.      

Style corrosif      

Reconnu comme étant l’un des parlementaires les plus partisans par certains à la Chambre des communes, Pierre Poilievre n’a jamais hésité à hausser le ton pour faire valoir ses idées à Ottawa. Ce tempérament pourrait-il lui nuire dans une éventuelle course à la direction de son parti?      

«Les gens peuvent dire ce qu’ils veulent. Je suis qui je suis. Je me bats pour les valeurs dans lesquelles je crois et il nous faut des gens qui ont la volonté de se battre pour leurs valeurs. Si je n’avais pas de convictions, je ne battrais pas», tranche-t-il.      

Élu une première fois à la Chambre des communes en 2004, Pierre Poilievre a occupé d’importants rôles dans le gouvernement conservateur de Stephen Harper, dont les postes de ministre de l’Emploi et du Développement social et de ministre de la Réforme démocratique. Plusieurs personnes dans les rangs conservateurs croient d’ailleurs que M. Poilievre est le candidat favori de l’entourage de l’ex-premier ministre.      

«Je faisais partie du cabinet de Stephen Harper et j’en suis fier [...], mais je suis Pierre Poilievre. Si je décide de me présenter, ce sera avec mon bilan personnel et mes plans personnels», clarifie-t-il.      

Candidat bilingue      

Pierre Poilievre n’est pas un visage conservateur connu de la grande majorité des électeurs québécois, mais il dispose d’un avantage considérable sur certains adversaires potentiels : la qualité de son français.      

Comme son nom de famille le laisse entrevoir, le natif de l’Alberta possède des racines francophones par l’entremise de son père, un Canadien-français de la Saskatchewan.      

«Quand on était très jeune, il a vraiment essayé de nous former en français, mais c’était difficile parce qu’on était à Calgary, où il n’y avait pas beaucoup de francophones, explique Pierre Poilievre. Il disait que le père Noël serait plus gentil si on était capables de parler en français!»      

Aujourd’hui marié à une Montréalaise, le potentiel candidat conservateur souligne que sa petite fille est élevée dans les deux langues et qu’elle fréquente une garderie francophone de la région d’Ottawa.

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