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Métro Métro devra dédommager près de 8000 festivaliers

Dominique Scali | Le Journal de Montréal

Près de 8000 amateurs de musique recevront bientôt un dédommagement du festival Métro Métro à la suite d’un recours collectif sur les frais de service ajoutés à la dernière minute lors de la vente des billets l’an passé. 

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«On espère que cette démarche aura ouvert les yeux de l’industrie et des consommateurs», dit Rudy Caufriez, 26 ans, un des deux représentants de l’action collective qui a été entamée il y a près d’un an. 

Le festival de musique urbaine Métro Métro a tenu sa première édition en mai. Olivier Primeau, copropriétaire du fameux Beach Club de Pointe-Calumet, est derrière l’événement. 

Une première série de billets avait été mise en vente sur le web dès l’hiver 2019. Rudy Caufriez et son ami Matteo Marasco font partie de ceux qui souhaitaient se procurer chacun une passe week-end, annoncée à 170$. 

Frais-surprise 

M. Marasco s’était connecté une heure d’avance pour être certain d’avoir des billets. Plusieurs internautes ont attendu de longues minutes avant de pouvoir passer à la caisse virtuelle, qui ne leur laissait que 5 minutes pour compléter leur achat. 

Ils ont alors eu la surprise de voir des frais de service de 16,50$ ajoutés au total. Ils avaient donc le choix entre payer ces frais ou perdre leur place. 

Plusieurs estimant que cela contrevient à la Loi sur la protection du consommateur, une demande d’action collective a été déposée en février. Une entente a été trouvée entre les parties cet automne, qui a été approuvée par la Cour supérieure mercredi. 

20$ ou 35$ 

Quelque 7 600 festivaliers qui avaient acheté une «passe week-end» au prix initial de 170$ recevront la somme de 20$, peut-on lire dans le jugement, dont Le Journal a obtenu copie. 

Les 300 personnes qui s’étaient procuré une «passe VIP» à 300$ recevront quant à eux 35$.  

Les remboursements devraient être envoyés autour du mois de mars. Le promoteur doit d'abord recevoir un avis de jugement et ensuite attendre que le délai pour aller en appel soit passé, expliquent les avocats Stéphane Roy et Mélissa Rivest, qui représentent le festival.  

Prévenir d'autres cas 

«À la base, on a fait [ces démarches] pour créer un précédent, pour ne plus que ça arrive», explique M. Caufriez. 

Surtout que la clientèle visée par ce genre de festival est souvent jeune et peu au courant de ses droits, dit-il. 

Étant donné les coûts «notables» de plus de 215 000$ que devra débourser le festival au terme de l’action collective, il a bon espoir que les organisateurs seront dorénavant mieux en phase avec les lois, conclut-il. 

«Nous allons régler comme c’est écrit dans le dossier», a assuré Olivier Primeau par message texte hier.