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Une opération secrète digne d’un film de James Bond

Éric Yvan Lemay | Journal de Montréal

Les policiers de l’UPAC ont mené une opération secrète en pénétrant dans les locaux des entreprises de Marc Bibeau durant une perquisition menée par Revenu Québec en août 2016.     

L’UPAC voulait profiter de la diversion créée par le fisc pour mener certaines observations, prendre des photos et connaître les systèmes de surveillance des locaux des entreprises de la famille Bibeau.       

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Ces locaux sont tous situés au sixième étage d’un édifice du boulevard Arthur-Sauvé, à Saint-Eustache. Le bureau vitré de Marc Bibeau se trouve du côté nord à l’arrière du bureau d’accueil du sixième étage.       

La seule façon d’y accéder, que ce soit par les ascenseurs ou par les escaliers de secours, était grâce à une carte magnétique.       

Les policiers ont donc obtenu la permission du tribunal de cacher la vérité pour expliquer leur présence sur place lors de la perquisition du 17 août 2016.       

« Permettre aux policiers d’utiliser tout subterfuge ou faux prétexte face à un individu qui sera à proximité ou dans l’immeuble visé lors de la réalisation de la technique d’enquête », peut-on lire dans les mandats qui ont mené à la perquisition secrète.       

Carte d’accès     

Une partie des mandats qui décrit les opérations prévues par les policiers est caviardée. On ignore donc ce qu’ils ont fait exactement dans les locaux.       

Par contre, une requête déposée par les avocats de Bibeau a permis d’apprendre que les employés de l’entreprise ont découvert qu’une carte magnétique au nom d’une mystérieuse Josette Coutu a été activée au moment de la perquisition.       

Or, personne ne porte ce nom dans l’entreprise. Les employés ont donc désactivé la carte.       

Tentative d’intrusion     

De plus, un technicien a découvert un dispositif d’ouverture à distance installé sur une des portes de l’édifice qu’il avait été appelé à réparer.       

Deux mois après la perquisition, deux personnes se sont présentées à l’extérieur des bureaux en soirée pour tenter de pénétrer dans l’immeuble avec la carte de Josette Coutu.        

Ils ont dû rebrousser chemin et une plainte a été faite à la police à la suite de cette tentative d’intrusion.        

On ignore si cette tentative d’entrer dans les locaux avait un lien avec l’enquête Mâchurer de l’UPAC.       

Échec de Revenu Québec     

On sait par contre que la perquisition menée par Revenu Québec s’est avérée un échec sur toute la ligne. Les avocats de la famille Bibeau ont contesté les mandats de perquisition en disant que le juge qui les a autorisés n’a pas été informé que deux avocates et un notaire avaient des bureaux dans les locaux perquisitionnés.       

Or, ils auraient dû prévoir la présence de représentants du Barreau et de la Chambre des notaires pour s’assurer du respect du secret professionnel.        

Revenu Québec a perdu sa bataille et a été obligé de remettre l’ensemble des documents saisis.       

1. Revenu Québec débarque       

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Photo d'archives, Agence QMI

Revenu Québec mène une perquisition dans les locaux des entreprises Centres d’achats Beauward et Saramac liées à la famille Bibeau. On y recherche de fausses factures alléguées liées au projet du Train de l’Est.       

2. La police en catimini       

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Photo d'archives, Agence QMI

Des policiers de la Sûreté du Québec se présentent pour assurer la sécurité de la perquisition. Pendant ce temps, d’autres agents mènent une opération secrète pour photographier, documenter les systèmes d’alarme et prendre des informations pour accéder aux locaux des entreprises.       

3. Carte magnétique activée       

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Photo Adobe Stock

Une employée des Bibeau découvre après la perquisition qu’une carte magnétique au nom de Josette Coutu a été activée. Celle-ci est immédiatement désactivée. Un dispositif d’ouverture de porte à distance est également découvert.       

4. Tentative d’intrusion ratée       

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Photo d'archives, Agence QMI

Deux mois après la perquisition, en octobre 2016, deux personnes se présentent en soirée aux locaux de l’entreprise et tentent d’entrer avec la carte de Josette Coutu. Après quelques tentatives, elles doivent rebrousser chemin.