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Intéresser les jeunes à la politique municipale

Étienne Paré | Agence QMI

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ÉTIENNE PARÉ/AGENCE QMI

Intéresser les jeunes à la politique municipale n’est pas une mince tâche. C'est pourtant ce que réussit à faire, année après année, le Jeune conseil de Montréal, une simulation du conseil de Ville avec des étudiants dans le rôle d'échevin.

Pour la 33e année de l'événement, ils sont 80, tous âgés de moins de 30 ans, à jouer les conseillers municipaux à l'hôtel de ville.

Depuis vendredi, ils débattent de quatre projets de règlement après s'être réunis en «commission» la semaine dernière. Leurs travaux se poursuivront la semaine prochaine.

«Le processus est très proche de la réalité. La grosse différence, c'est qu'il n'y a pas de ligne partisane. Les jeunes peuvent s'exprimer selon leurs convictions», a fait remarquer Cathy Wong, la présidente du conseil de ville de Montréal, le vrai, celui qui travaille à l'organisation de cette activité.

Renverser la vapeur

L'objectif est d'abord de familiariser la génération montante aux enjeux locaux, mais Mme Wong ne s'en cache pas: elle espère que quelques participants auront eu la piqûre et qu'ils se lanceront dans l'arène «pour de vrai» en 2021. Après tout, elle avait siégé pas moins de huit fois au Jeune conseil avant d'être élue au dernier scrutin.

À l’issue des élections de 2017, les 18 à 34 ans, comme Cathy Wong, n’occupaient que 8 % des sièges dans les conseils municipaux du Québec.

Cette indifférence des jeunes par rapport à la politique municipale, Barbara Fritz l'a ressentie, elle aussi. Son expérience au Jeune conseil a toutefois durablement changé sa perception.

«C'était une politique que j'avais tendance à bouder, mais aujourd'hui je m'aperçois à quel point c'est proche des gens», a raconté l'étudiante en travail social, qui s'est inscrite sous les conseils d'une amie.

Un jeu à prendre au sérieux

Lorsqu’ils ont plusieurs années derrière la cravate, les participants peuvent lorgner le fauteuil de mairesse ou le rôle de porteur de dossier.

C'est le cas de Delphine Hansen qui a été choisie pour écrire un projet de règlement, un travail de longue haleine pour celle qui en est à sa troisième participation.

«Je travaille là-dessus depuis cet été. C'est beaucoup de recherche, mais ça vaut la peine. J'ai beaucoup appris», a expliqué celle qui étudie en médecine à l'Université McGill.

Évidemment, son règlement n'a pas de valeur légale, mais reste qu'à la fin, le texte amendé sera envoyé aux élus de l'administration de la mairesse Valérie Plante.

«Certains projets votés sont à l’avant-garde. Par exemple, il y a 20-30 ans, les jeunes avaient voté pour l’interdiction de la cigarette dans les endroits publics», s'est plu à rappeler Delphine Hansen.

Ceux qui veulent participer au prochain Jeune conseil en 2021 doivent s’y prendre à l’avance. Le processus d’inscription débute en août.