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Son pare-brise défoncé par un morceau de glace

Stéphane Sinclair | Le Journal de Montréal

Shun Grenier tient dans ses mains ses lunettes de sécurité qui l’ont empêché de recevoir de la vitre dans les yeux après le choc avec un morceau de glace.

Shun Grenier tient dans ses mains ses lunettes de sécurité qui l’ont empêché de recevoir de la vitre dans les yeux après le choc avec un morceau de glace.

Un conducteur a eu la frousse de sa vie lorsqu’un morceau de glace s’est détaché d’un camion pour venir fracasser son pare-brise pendant qu’il roulait sur l’autoroute.  

« J’avais l’adrénaline dans le tapis. Je tremblais. Je ne comprenais pas ce qui se passait, mais je ne voyais plus rien devant moi et j’avais plein de vitre, de neige et de glace sur moi », raconte Shun Grenier, 23 ans.  

Mercredi vers 17 h, il retournait chez lui à Brownsburg-Chatham après son quart de travail chez Paccar à Sainte-Thérèse, où il travaille en tant qu’assembleur pour ce constructeur de camions.   

M. Grenier roulait sur l’autoroute 50 à la hauteur de Lachute lorsqu’un morceau de glace s’est détaché d’un semi-remorque qui roulait en sens inverse.   

« Ç’a fait un gros bang dans ma vitre. J’ai eu le réflexe de mettre mes hazards, de réduire ma vitesse et de me coller sur l’accotement. J’étais en panique », lance-t-il.  

L’intérieur du véhicule.

Photo courtoisie, Melysa Gagné

L’intérieur du véhicule.

Ses yeux sauvés   

L’impact a été si violent qu’il était couvert de petits morceaux de vitre.   

Par chance, il portait toujours ses lunettes de sécurité du travail.   

« J’en aurais eu dans les yeux sans mes lunettes. J’aurais peut-être perdu la vue », dit-il.   

M. Grenier n’a pas pu voir le nom de la compagnie du semi-remorque.   

« Personne ne s’est arrêté. Personne ne s’est soucié de moi », dénonce-t-il.   

Après l’arrivée des services d’urgence, M. Grenier a été transféré en ambulance à l’Hôpital de Lachute pour qu’on y traite ses coupures légères.  

« Ne conduisez pas un igloo mobile. Enlevez la glace et la neige de vos véhicules. J’aurais pu frapper un autre véhicule avec des enfants à bord et les tuer. Je ne voyais plus rien. »  

Négligence criminelle   

Pierre-Olivier Fortin, porte-parole au CAA Québec, rappelle que le Code de la sécurité routière inclut désormais l’obligation de débarrasser son véhicule de tout ce qui peut devenir un projectile, comme de la glace.  

« Le conducteur du camion, la compagnie qui l’emploie et le propriétaire de la remorque peuvent être tenus responsables. On ne doit pas prendre cela à la légère. C’est important d’être vigilant. On peut être accusé de négligence criminelle », dit-il.   

L’une des plus grosses compagnies de transport au Québec, Groupe Robert, affirme en faire une priorité.   

« C’est un règlement très strict chez nous et on exige que chaque conducteur déneige le camion et la remorque. Nous avons adapté nos véhicules pour ça avec des échelles. La sécurité des gens est une priorité chez nous », conclut Jean-Robert Lessard, v.-p. aux affaires publiques chez Groupe Robert.   


C’est le second incident impliquant un véhicule mal dégivré en moins d’une semaine. Un éboueur a été frappé par un automobiliste dont le pare-brise était glacé, mardi à Montréal.