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«Moi, je n’ai aucune limite»

Dominique Lelièvre | Le Journal de Québec

Il habite en appartement, travaille, conduit sa voiture, fait du sport... William Boutin, 20 ans, se moque complètement de son handicap et ne s’impose «aucune limite», bien qu’il lui manque l’essentiel de ses deux bras.  

Le jeune homme, originaire de Saint-Magloire dans la région des Etchemins, est né et a grandi avec un os et demi en moins dans chaque bras, en raison d’une rare maladie génétique, le syndrome TAR.    

Pourtant, William Boutin n’est pas du genre à se plaindre ou à envier les personnes «normales». Il considère même que sa condition ne pose aucun obstacle majeur, au quotidien, contrairement à ce que l’on pourrait penser.    

«Je te dirais que ça ne me pose aucun défi. Moi, je n’ai aucune limite. Je peux faire ce que je veux», affirme-t-il, installé devant son bureau des Cuisines Laurier, où il travaille comme dessinateur industriel depuis plus d’un an, à Laurier-Station.    

«À moins que ce soit en hauteur», précise-t-il. Bien sûr, c’est pour lui un peu plus compliqué de se servir une assiette en hauteur ou de lacer ses chaussures. Mais ce n’est pas ce qui va l’empêcher de réaliser ses rêves.    

«Débrouillard»  

William joue au volleyball et entraîne des jeunes de 5 à 9 ans au soccer. Il se rend où il veut dans son Honda CR-V adapté qu’il dirige à l’aide d’une pièce spéciale posée à ses pieds. Il vit seul dans son appartement, où il a emménagé, près de son boulot.    

Bref, il a soif d’indépendance, comme n’importe quel jeune adulte de son âge.    

«Il est débrouillard comme ça ne se peut pas. [...] C’est quelqu’un qui nous inspire. Moi, il m’inspire ! Avec nos petits tracas, nous autres, là...», le félicite son patron, Julien Côté, directeur d’usine.    

De son côté, la mère de William, Monique Croteau, ne s’étonne pas de l’attitude positive de son fils. Ayant grandi avec cette particularité physique, «il ne le voit pas, lui, qu’il est handicapé».    

«Les limites, c’est lui seul qui se les met. Il ne s’empêche pas de faire ce qu’il a envie de faire», dit-elle, en soulignant aussi tout le soutien apporté par les Amputés de guerre.    

Elle croit que le jeune homme offre une belle leçon de courage. «Ce n’est pas tout le monde qui serait passé où il est passé. Il y en a qui se décourageraient avant ça», croit la maman, remplie de fierté.    

Aucun malaise  

De son côté, William Boutin mentionne que, s’il faut retenir une chose de son histoire, c’est qu’il ne faut pas sous-estimer les gens comme lui.    

«Il n’y a rien de malaisant avec moi. Tu peux me traiter comme une personne avec ses deux bras», conclut-il.