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Une jeune schizophrène forcée d’abandonner l’école

Agence QMI

Une jeune femme de Longueuil souffrant de schizophrénie affective et souhaitant vivre une vie la plus normale possible, pourrait voir son projet de retourner à l’école avorter en raison d’un accès difficile aux prêts et bourses.  

Rachel Guilbeault, âgée de 26 ans, vivait auparavant de prestations du gouvernement. En raison de sa maladie, elle doit prendre plusieurs médicaments. Une journée sans ses comprimés et ses hallucinations reviennent, a-t-elle expliqué à TVA Nouvelles, dimanche.  

Sa médication a toujours été couverte parce qu'elle était prestataire d'aide sociale pour les personnes avec des contraintes sévères à l'emploi.  

Pleine d'espoir et d'ambition, elle s'est inscrite à l'automne à un programme de Diplôme d'études professionnelles (DEP), à temps partiel, en infographie, un champ d’études où elle excelle.  

«J’adore ça [...] et je réussis très bien! J’ai des 90 % et des 100 %. Mes profs sont super fiers de moi», raconte-t-elle.  

Or, comme elle va à l'école, on lui a retiré ses prestations et ses assurances médicaments et, comme elle vit chez sa mère elle n’est pas admissible au programme de prêts et bourses.  

On lui demande de prouver qu’elle a vécu pendant deux ans à l’extérieur de la maison familiale. Rachel Guilbeault est effectivement allée vivre ailleurs, mais elle est revenue, en étant venue à la conclusion qu’elle avait besoin de sa famille pour affronter la maladie au quotidien, de sorte qu’il lui manque quatre mois pour être admissible.  

Pour elle, ce critère d'autonomie devrait être aboli. Elle a déjà essayé de vivre en appartement, mais devenait trop désorganisée.  

L’étudiante se voit donc potentiellement contrainte d’abandonner l’école, une situation insensée, selon elle.  

«Ça me fait beaucoup plus de peine que si c’était un programme que je n’aimais pas. J’ai vraiment envie d’avoir une vie normale comme le reste des gens et d’avoir une autonomie financière», plaide-t-elle.  

En colère, sa mère, Ginette Guilbeault, demande au gouvernement de leur venir en aide, étant donné que sa fille a besoin d’accompagnement et qu’elle pourrait, autrement, se retrouver seule sans ressources.  

«Vous n’avez pas idée jusqu’à quel point ça m’a habitée, ça, et que ça m’habite encore. Et ç’est pour ça que je suis encore là pour elle et je vais être là aussi longtemps que ça sera nécessaire parce que... il y en a tellement qui se ramassent à la rue. Et moi, je ne veux pas ça pour ma fille. Elle est trop intelligente, elle est trop brillante. Je ne veux pas ça, je ne veux jamais ça, je préfère l’avoir avec moi et que je l’aide le plus possible au niveau de ses démarches.»  

Les ministères de l’Éducation et de l’Emploi ont été interpellés pour aider la jeune femme à sortir de cette impasse.