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4 M$ pour mettre au travail 200 personnes handicapées

Diane Tremblay - Le Journal de Québec

Le milieu des affaires de Québec se mobilise pour demander au gouvernement de faire plus afin d’intégrer davantage de personnes handicapées au marché du travail en soutenant les entreprises adaptées comme Groupe TAQ, qui pourrait créer 200 emplois de plus au cours des prochaines années.  

Le Groupe TAQ de Québec est victime de son succès puisque de plus en plus d’entreprises, confrontées à la pénurie de main-d’œuvre, ont recours à ses services, sauf que l’aide gouvernementale offerte pour embaucher des personnes handicapées est jugée insuffisante pour répondre à la demande. Une vingtaine d’entreprises et d’organismes de la région montent au front, aujourd’hui, en demandant au gouvernement du Québec de déployer davantage de ressources. «C’est une véritable solution à la rareté de main-d’œuvre. Groupe TAQ fait de petits miracles», a affirmé Gabriel Tremblay, directeur général de l’organisme sans but lucratif qui voudrait en faire plus.   

«Depuis plusieurs mois, le téléphone sonne sans arrêt. Les entreprises ont de graves soucis de main-d’œuvre. On a vingt projets en attente», dit-il.   

Solution à la pénurie d’employés  

Si on lui en donne les moyens, Groupe TAQ pourrait prendre de l’expansion sur la Côte-de-Beaupré et dans Portneuf. À terme, pour créer 200 emplois après cinq ans, l’organisme aurait besoin de 4 millions $ par année.   

D’après M. Tremblay, le gouvernement pourrait économiser des millions de dollars en soutenant davantage les entreprises adaptées. «Non seulement c’est une solution au problème de rareté de main-d’œuvre, mais ça transforme les gens passifs en gens actifs. Les effets sur le plan humain sont tout aussi importants», soutient de son côté Charles Auger, associé et vice-président Opérations chez Chocolats Favoris et cosignataire de la lettre envoyée aux médias et au ministre du Travail, Jean Boulet.    

En novembre 2019, on comptait 2580 prestataires du Programme de solidarité sociale possédant des contraintes sévères de moins, au Québec, qu’à la même période l’année précédente, ce qui représente une économie de plus de 30 M$ pour le gouvernement.   

«La probabilité qu’ils aient intégré le marché du travail est assez élevée. Quand la région est en croissance et en manque de main-d’œuvre, les gens quittent l’aide sociale. La plupart des personnes qu’on embauche au Groupe TAQ viennent du Programme de solidarité sociale», ajoute M. Tremblay.   

Un potentiel de 12 000 travailleurs  

Celui-ci estime que ces personnes représentent un potentiel considérable de main-d’œuvre.   

 Il évalue qu’entre 10 % et 15 % pourraient intégrer le marché du travail. Cela signifie plus de 12 000 personnes, alors que le gouvernement a annoncé son intention de créer 400 postes sur cinq dans l’ensemble des quarante entreprises adaptées du Québec.    

– Avec la collaboration de Marie Christine Trottier  

La situation en bref   

- Québec veut créer 400 postes permanents dans l’ensemble des entreprises adaptées d’ici 5 ans  

- Groupe TAQ compte déjà 300 salariés dont 200 personnes handicapées   

- En novembre 2019, il y avait 123 739 prestataires du programme de solidarité sociale avec des contraintes sévères à l’emploi au Québec   

- 70 % des revenus de Groupe TAQ s’autogénèrent tandis que 30 % viennent de subventions