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La Ville de Québec visitera 80 000 immeubles

Jean-Luc Lavallée | Journal de Québec

La Ville de Québec amorcera, cet été, une opération de dépistage de conduites au plomb sans précédent. Elle prévoit visiter, d’ici 10 ans, 80 000 immeubles pour identifier et remplacer les conduites suspectes, tout en refilant une partie de la facture aux citoyens touchés.  

Le gouvernement du Québec oblige les municipalités à s’attaquer au plomb, jugé nocif pour la santé lorsque la norme de 5 microgrammes par litre d’eau est dépassée. Lors de sa première conférence de presse depuis le début de l’année 2020, le maire Régis Labeaume a évoqué une «prise de conscience collective» sur les risques liés au plomb depuis l’automne.  

«Nous avons décidé de nous attaquer de façon beaucoup plus importante au problème», a-t-il annoncé, promettant de régler le problème une fois pour toutes. Le réseau de distribution d’eau potable de la Ville de Québec ne contient plus de plomb, a-t-on assuré. Cependant, des milliers de résidences en contiennent toujours et seraient branchées au réseau d’aqueduc public avec des conduites au plomb. 

En se basant sur les quelques 1 200 échantillons d’eau potable prélevés depuis 2008, la Ville estime que 10 % des bâtiments construits avant 1980 sur son territoire, sont encore équipés de branchements au plomb. Cela représenterait donc 8 000 chantiers à effectuer sur les 80 000 immeubles recensés (tant résidentiels que publics et commerciaux). Les immeubles les plus susceptibles d’en contenir ont été construits entre 1940 et 1955. 

La Ville entend investir 1 M$ et procéder à environ 1 000 tests de dépistage en 2020. Il s’agit d’une année de «rodage», a-t-on insisté en point de presse, afin de préparer le plan d’action pour les années à venir et d’augmenter la cadence. 

Pour être valides, ces tests doivent obligatoirement être faits en période estivale, selon les recommandations de Santé Canada, lorsque l’eau est plus chaude. À terme, le budget de cette opération «costaude» pourrait avoisiner les 50 M$, anticipe le maire Labeaume. 

Une facture de 5 000 $ à 15 000 $  

Lorsqu’une conduite au plomb aura été détectée, la Ville effectuera elle-même les travaux – qui sont obligatoires – et refilera aux citoyens les coûts liés à la partie privée du terrain et la remise en état des lieux. La facture pourrait varier entre 5 000 $ et 15 000 $ pour les propriétaires, selon Gilles Dufour, directeur général adjoint à la division de l’Eau et de la valorisation énergétique à la Ville. Il s’agit toutefois d’une estimation «très préliminaire», a-t-il précisé. 

Un programme d’aide financière sera toutefois mis en place (subvention de 2 500 $ maximum) et les citoyens auront la possibilité d’étaler le paiement des travaux sur leur facture de taxes pendant 10 ou 15 ans, afin d’atténuer le choc. 

«On a l’obligation d’agir, c’est une question de santé, la Ville va de l’avant, on va être dans l’action mais il ne faut pas y aller dans la précipitation non plus», a déclaré la conseillère municipale Suzanne Verreault. 

L’opposition satisfaite 

Tant le conseiller de Démocratie Québec, Jean Rousseau, que le chef de l’opposition à l’hôtel de ville, Jean-François Gosselin, se sont montrés satisfaits par l’annonce du plan d’action de la Ville, lundi après-midi. 

«Depuis que le sujet est d’actualité, ce qu’on constate, au moins, c’est qu’il y a un plan de match. Lorsqu’on parle de services municipaux comme l’eau, c’est dans le top des priorités. Nous, on suit ça de près mais pour l’instant, ce qu’on constate, c’est que la Ville va dans le bon sens avec tout ça. Les choses devront se mettre en place au cours des prochaines années et il faut y aller étape par étape», a commenté M. Gosselin.

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