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Québec doit agir pour retenir sa main-d’œuvre qualifiée, dit l’opposition

Kathryne Lamontagne | Journal de Québec

Harold Lebel PQ

Simon Clark/Agence QMI

Le gouvernement caquiste doit travailler rapidement à l’élaboration d’une stratégie efficace afin de lutter contre l’exode des travailleurs qualifiés québécois, affirment des partis d’opposition. 

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Le Journal a publié, au cours des trois derniers jours, un vaste reportage réunissant les témoignages de plus d’une trentaine de professionnels formés au Québec, qui se sont installés dans les autres provinces canadiennes ou à l’international. Issus de tous les domaines, ils jouissent d’une meilleure qualité de vie à l’étranger. 

En pleine pénurie de main-d’œuvre, le Québec reste impassible devant le phénomène. Il n’existe aucune enveloppe budgétaire précise ni aucun programme destiné à la rétention de nos travailleurs qualifiés.  

Québec, muet 

Le ministère de l’Emploi a refusé toutes nos demandes d’entrevue concernant ce dossier au cours des derniers mois. 

Lundi, le ministre de l’Emploi, Jean Boulet, a annulé in extremis l’entretien préalablement fixé avec Le Journal.  

Bien que des médecins spécialistes, des omnipraticiens et des infirmières aient désigné les lacunes du réseau pour justifier leur émigration, la ministre de la Santé, Danielle McCann, n’a pas non plus souhaité réagir. 

« Je vois la réaction du gouvernement en ce moment, ça démontre qu’il n’y a pas de stratégie ou que ce n’est pas pris en considération. Il faut avoir une stratégie, ça ne se fait pas tout seul », dénonce Harold Lebel, porte-parole du Parti québécois en matière d’emploi. 

Étudier le phénomène 

Il est temps, selon lui, que le gouvernement étudie en profondeur le phénomène et déploie des actions afin de contrer cet exode.  

« On s’est donné un système d’éducation solide, qui coûte de l’argent, parce qu’on veut bien former notre monde. Si on ne se préoccupe pas de les garder au Québec après, on doit se poser des questions », plaide le député de Rimouski. 

Même son de cloche du côté de Québec solidaire, qui estime que le gouvernement n’en fait pas assez pour lutter contre l’exode des cerveaux québécois. 

« On se tire dans le pied. Ça s’est aggravé au cours des dernières années avec la détérioration des conditions de travail, notamment en santé et en éducation », soutient Vincent Marissal. 

Tous s’entendent pour affirmer que l’une des solutions réside justement dans l’amélioration des conditions de travail, dont les salaires. 

« Si tu es une jeune prof au Québec, quand tu regardes les salaires dans les autres provinces, c’est vraiment attrayant. Sur une carrière complète, c’est 500 à 600 000 $ de plus », expose M. Marissal. 

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