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Une augmentation de 6 cents

Kate Tremblay | TVA Nouvelles

Les responsables de garderie en milieu familial subventionnée auront bientôt recours à des moyens de pression pour forcer le gouvernement à leur donner de meilleurs salaires. 

Alexandre Simard, 23 ans, n'avait que 18 ans lorsqu'il a ouvert son premier service de garde en milieu familial. 

Aujourd’hui, il touche l'équivalent de 12,42 $ l'heure. Le gouvernement leur a récemment présenté une offre à 12,48 $ l'heure. C'est seulement six cents de plus. 

Dans le cadre des négociations entourant le renouvellement de leur contrat de travail, le jeune homme d'Alma au Lac-Saint-Jean a accepté d'ouvrir les portes de son milieu pour mieux faire comprendre sa réalité, et surtout sensibiliser les parents des enfants qui fréquentent son service aux différents enjeux. 

«J'ai toujours aimé les enfants, explique-t-il. Quand je suis sorti du secondaire, j'ai commencé un cours en soins infirmiers de soir et le jour je faisais des remplacements dans des garderies. C'est là que j'ai découvert ma passion.» 

«Je suis parti de chez ma mère et je me suis loué une maison pour commencer, raconte celui qui, cinq ans plus tard, ne regrette pas son choix, mais souhaiterait que le gouvernement valorise davantage ses responsables de services éducatifs. Je suis prêt à me battre parce que j'aime vraiment ma profession.» 

Pour lui, l’offre du gouvernement est ridicule. «Je me sens dénigré parce qu'on travaille tellement fort, affirme-t-il. On a tellement ce qu'il y a de plus précieux entre les mains. Ce sont nos adultes de demain.» 

Pour s'assurer d'avoir des repas complets à offrir chaque jour à sa jeune clientèle, Alexandre Simard consacre tous ses dimanches à cuisiner. 

Il prépare aussi ses activités quotidiennes en dehors des heures d'ouverture, sans compter la désinfection quotidienne des locaux et l'administration de son service. 

De nouvelles tâches attendent aussi les responsables d'un milieu familial subventionné. 

Pour la première fois cette année, ils devront compléter un dossier éducatif pour chaque enfant et présenter leur évaluation aux parents, deux fois par année. 

«Il va falloir rencontrer nos parents en dehors des heures d'ouverture, explique-t-il. Ça signifie clairement qu'on ne sera pas payé pour ça.» 

Alexandre Simard espère que son témoignage convaincra Québec d'accepter le rattrapage salarial demandé à 16,75 $ l'heure.